Genèse de la poste moderne au pays des pharaons Egypte, Outre-mer, Proche-Moyen Orient

Une

Il y a tout juste deux siècles, Napoléon Bonaparte lance la campagne d’Egypte. Un événement qui marque le début d’une coopération franco-égyptienne fort riche et dont l’histoire postale porte l’empreinte.

Le 1er juillet 1798, le général Bonaparte débarque à Alexandrie, à la tête d’une expédition militaire et scientifique. Un an après son arrivée, forçant le blocus britannique auquel sont soumises les côtes égyptiennes, il rentre en France. Le général Kléber le remplace jusqu’en juin 1800, où il est assassiné par un fanatique musulman. Le général Menou (1750-1810) lui succède. Officier sans grande envergure, ce dernier quittera à son tour l’Egypte le 2 septembre 1801.

Campagne d’Egypte

Pendant trois ans – plus exactement pendant trente-huit mois – l’Egypte, et tout particulièrement le delta du Nil, la région la plus riche du pays, est occupée par les troupes françaises qui mènent une campagne plus ou moins glorieuse. La première, conduite par Bonaparte, s’efforce de remonter vers la Palestine ; Bonaparte est arrêté à Jaffa. Plus tard, Kléber, qui va en Haute-Egypte, en revient rapidement.

01Lors de son bref séjour, Bonaparte crée, pour la première fois dans ce pays, un service postal complet et moderne. Un mois après son arrivée en Egypte, le 2 août 1798, Bonaparte met en place l’organisation d’un service postal. Il l’instaure le 15 thermidor an VI par un décret signé et daté du Caire. Ce fameux décret du 15 thermidor prévois la nomination d’un directeur de la poste, M. Sucy ; organise les bureaux de poste dotés de cachets linéaires, à Alexandrie (1), Le Caire, Beni-Souef, Damiette, Rosette et Syout (Assiout). Quelques autres villes de moindre importance bénéficient de marques manuscrites.

Bonaparte utilise le réseau fluvial constitué par le Nil et ses différentes branches navigables pour transporter le courrier par les felouques, entre Alexandrie et Le Caire, Rosette et Le Caire ou encore Damiette et Le Caire. Là où les felouques ne peuvent se rendre, les dromadaires les remplacent. Le tarif prévoir ainsi une taxe de 10 sols pour une lettre allant d’Alexandrie au Caire.

Cette poste n’est pas réservée aux militaires, qui néanmoins bénéficient de la franchise postale lorsqu’ils ont rang de général en chef, chef d’état-major, généraux de division, payeur-général, amiraux, etc.

Bonaparte envisage d’en faire profiter tous les habitants du pays. Pour ce faire, les tarifs sont traduits en arabe. Malheureusement, nous n’avons aucune trace des plis qui auraient pu en découler. Au début, les courriers, au nombre de deux par décade, sont portés à cinq. Ils partent du Caire chaque fois à midi pile, comme le souligne le règlement. Les bureaux les plus importants, Alexandrie, Le Caire, Damiette et Rosette, sur le delta, sont ouverts dès le début. Les deux autres ne le sont que lorsque le général Desaix (1768-1800) fait sa campagne en Haute-Egypte et atteint Beni-Souef et Syout, respectivement les 22 novembre 1799 et 23 février 1800.

Les bâtiments de la marine assurent les communications avec la France. Le blocus anglais très efficace explique que très peu de courrier parvienne jusqu’en France. D’autant qu’ordre est donné aux capitaines des navires qui transportent du courrier pour la France de le balancer par­dessus bord dès qu’ils sont arraisonnés par la flotte britannique. Ces lettres sont très rares.

Grâce à Bonaparte, l’Egypte a bénéficié d’un service postal précoce, peut-être unique dans tout le Moyen-Orient.

Puis, durant tout le XIXe siècle, l’Egypte connaîtra deux services postaux privés, la «Posta europea » et la «Poste privée du canal de Suez». En 1865, la « Posta europea » se transforme en poste égyptienne. Par ailleurs, il n’y aura pas moins de six postes étrangères qui fonctionneront en Egypte : française, grecque, autrichienne, britannique, russe et italienne.

 La «Posta europea»

Après le départ des troupes françaises, en 1801, le service postal s’arrête pour plusieurs années. En 1805, à l’avènement de Mohamed Ali, subsiste un petit service postal gouvernemental. Il fonctionne uniquement pour les serviteurs de l’Etat. Une tentative avec les agents achemineurs – forwarding agents – pour correspondre avec l’extérieur et même à l’intérieur du pays se solde par des échecs.

02aCe n’est qu’en 1820 qu’un Italien originaire de Livourne, Carlo Meratti, a l’idée d’organiser une poste privée : la «Posta europea». Il ouvre au Caire et Alexandrie deux bureaux, organise des tournées régulières et instaure une taxe précise d’affranchissement pour satisfaire aux besoins des commerçants dont l’activité est centrée sur le coton. Lorsque Carlo Meratti meurt, en 1843, son neveu, Tino Chini, imprimeur de son état, devient le responsable de l’entreprise. Mais son adjoint Giacomo Muzzi, Italien de la région de Bologne, beaucoup plus entreprenant, va véritablement donner une stature nationale à cette poste. A partir de 1854, Giacomo Muzzi utilise le réseau du chemin de fer pour développer l’essor du trafic postal. Précurseur également sur le plan philatélique, Giacomo Muzzi est à l’origine, en 1858, de la lettre recommandée avec droit fixe de 2 piastres. Cependant, son projet, en 1863, d’un pré-affranchissement avec taxe unique au moyen de timbre-poste, n’aboutit pas (2a).

02bLa poste «europea» utilise des timbres à date pour marquer le départ de la ville, avec des tarifs différents selon les distances. Tous les timbres ·à date utilisés sont en italien et souvent de forme ovale (2b). Un document exceptionnel, que l’on trouve au Musée du Caire, indique le tarif complet en date du 1er janvier 1860 avec taxe à percevoir en fonction du poids et de la distance.

Le dynamique G. Muzzi obtient, avec la signature du vice-roi, le 5 mars 1862, l’instauration officielle du monopole postal pour une durée de dix ans. Ce monopole stipule que, en contrepartie du transport gratuit des sacs postaux, la «Posta europea» s’engage à transporter en franchise les documents gouvernementaux.

A la mort de Tino Chini, en 1864, Giacomo Muzzi propose au vice-roi de transformer la poste privée en une poste d’Etat. Le vice-roi lsmaïl Pacha, un homme moderne, comprend l’importance de cette création et donne son aval. Mais, n’ayant pas assez d’argent, le vice-roi se tourne vers un banquier français d’Alexandrie, Dervieu, pour emprunter la somme de 950 000 francs or. Enfin, le 29 octobre 1864, l’acte de vente est signé. Il s’agit ni plus ni moins de la nationalisation de la «Posta europea». Ce rachat aboutit, le 2 janvier 1865, à la création de la Poste nationale égyptienne.

 Poste du canal de Suez

Après la «Posta europea», la Poste du canal de Suez est la deuxième poste privée d’Egypte. Une entreprise originale liée évidemment à la construction du canal. De 1860 à 1865, la Compagnie du canal de Suez utilise le réseau de la «Posta europea» pour la gestion de son trafic postal. Puis, en 1868, la Compagnie décide d’organiser son propre service postal privé entre Suez et Port-Saïd. Une création qui correspond tout à la fois à un besoin de faire des économies et de gagner de l’argent en transportant elle même le courrier des agents du canal. Ce trafic postal représente un revenu annuel de 23 400 francs or.

03La compagnie fait même imprimer des timbres à Paris (3) : 1 000 timbres de 1 centime noirs, 30 000 timbres de 5 centimes verts, 100 000 timbres de 20 centimes bleus et 10 000 timbres de 40 centimes rouges par la maison Chézaud Ainé et Tavernier.

Le timbre, de forme ovale, porte, en haut, la mention «Canal maritime», en bas, «de Suez», et dans le cartouche, la valeur faciale. Quant au dessin, il montre un navire à voile et à vapeur de l’époque. La plaque lithographique complète de cette émission est aujourd’hui visible au Musée de La Poste de Paris. La première date connue d’utilisation de ces timbres remonte au 14 juillet 1868. Cependant, le timbre à date pour annuler l’affranchissement n’arrive qu’au mois d’août 1868. Ce décalage explique que les premières annulations sont à la plume ou au «gros chiffre». Le timbre à date comporte, dans sa partie supérieure, l’inscription «Canal de Suez» et, dans sa partie partie inférieure, le nom du bureau.

En concurrence directe avec la poste gouvernementale mise en place en 1865, la Poste du canal de Suez n’a fonctionné véritablement que l’espace d’un mois. C’est en effet le 15 août 1868 que la Poste du canal de Suez est supprimée. Cette courte durée de vie fait qu’il n’existe qu’une vingtaine de lettres ayant véritablement circulé avec ces timbres du canal de Suez. Elles comptent parmi les grandes raretés philatéliques mondiales. Comme souvent dans ce cas, de nombreuses lettres falsifiées de cette poste ont vu le jour. Falsifications bien connues et répertoriées par les spécialistes de cette région.

Poste égyptienne

04A la création de la poste égyptienne, le 2 janvier 1865, il n’existe pas de timbre­poste égyptien. Seule manifestation philatélique de cette année 1865, l’apparition, le 15 avril, du premier timbre à date (4).

12La mise en place et l’évolution du timbre à date, révèle les trois principales influences étrangères que subit l’Egypte dans cette seconde moitié du XIXe siècle. Une histoire qui s’ouvre avec l’Italie, se poursuit en 1878 par la France et s’achève au début des années 1880, par l’Angleterre (12).

 Les timbres-poste

05Le 1er janvier 1866 voit l’émission de la première série de timbres d’Egypte , imprimés à Gênes en Italie (5). Le dessin non figuratif – l’Egypte fait encore partie de l’Empire ottoman – comprend la surcharge : au centre Egypte, à droite timbre, en haut Poste, à gauche Egyptienne et en bas la valeur. Ce premier timbre égyptien est en tout point proche de la première émission de Turquie (ci-dessous).

LegendeTimbre sur timbre de la première émission d’Egypte de 1866,
sur une série mise en circulation en 1991.

06a06bLa série est composée de sept valeurs : 5 paras, 10 paras, 20 paras, 1 piastre, 2 piastres, 5 piastres et 10 piastres. Le tarif intérieur – sachant qu’il y a 40 paras dans 1 piastre – est alors, de ville à ville, de 1 piastre pour 10 grammes et la recommandation de 2 piastres (6a et 6b).

06cCette première émission est supprimée le 1er septembre 1867. Peu avant son remplacement par la deuxième série, le 1er août 1867, le timbre de 1 piastre – le plus utilisé dans les grandes agglomérations – venant à manquer, l’administration autorise de couper en deux les timbres de 2 piastres pour affranchir la correspondance (6c).

07

08a08cLa deuxième émission, du 1er août 1867, est quant à elle imprimée à Alexandrie par M. Penasson. Le timbre représente pour la première fois le sphinx et la grande pyramide, avec, à droite, l’obélisque de Louqsor et, à gauche, la colonne de Pompée d’Alexandrie (7). La série comprend : 5 paras, 10 paras, 20 paras, 1 piastre, 2 piastres et 5 piastres (8a, 8b). Le 5 paras, valeur de cette série utilisée pour les imprimés, venant à manquer en décembre 1871, l’autorisation sera également donnée de couper le timbre de 10 paras pour affranchir les imprimés  d’Alexandrie et du Caire. Cette série s’arrête le 1er février 1872 (8c).

09a09bLa troisième série, du 1er janvier 1872, est réalisée dans l’imprimerie gouvernementale égyptienne à Boulac dans la banlieue du Caire. Cette série, de qualité moyenne, possède le même graphisme que la précédente. En bas du timbre, l’inscription est en italien. Originalité de cette série, le 20 paras et le 1 piastre sont lithographiés. Cette émission, qui va durer jusqu’en mai 1879, possède beaucoup de variétés : tête-bêche, cadre renversé et plusieurs timbres surchargés (9a, 9b).

10a10bLe 1er avril 1879, quatrième série – 5 paras, 10 paras, 20 paras, 1 piastre, 2 piastres, 5 piastres – imprimée par Delarue, à Londres, mais avec inscription en français « POSTES ÉGYPTIENNES ». En 1884, surcharge de 20 paras sur le 5 piastres. 1er janvier 1888, la monnaie égyptienne change 10 Milliennes pour une piastre (10a et 10b).

11Comme toute nation philatélique, l’Egypte possède des timbres-taxe (1884) ainsi que des entiers postaux (11).

Organisation postale

13aEn 1865, la poste égyptienne, reprenant l’organisation de la Posta europea – jusques et y compris son personnel -, compte seize bureaux sur son territoire national et trois bureaux à l’étranger : Constantinople (13a), Smyrne et Djeddah.

Ce dernier bureau, port de la mer Rouge, figure au palmarès des grandes raretés philatéliques. Ainsi, il y a quelques années à Paris, une lettre de Djeddah a été vendue 120 000 francs.

13bMais, très rapidement, la poste égyptienne va ouvrir de nombreux bureaux à travers la Méditerranée, de Rhodes à Salonique, en passant par Smyrne et Tripoli. En mer Rouge, elle ouvre un bureau à Massaoua, port d’Erythrée (13b). Pendant près de dix ans, jusqu’à la signature par l’Egypte, le 1er juillet 1875, de l’Union générale des postes (UGP), future Union postale universelle (UPU), la correspondance de l’Egypte vers l’étranger mais aussi de l’étranger vers l’Egypte nécessite un double affranchissement, appelé égale ment affranchissement mixte. Ainsi, pour une lettre postée au Caire pour la France, il fallait affranchir selon le tarif en vigueur en Egypte jusqu’à Alexandrie. Puis confier la lettre à la poste française, qui taxait selon les tarifs français. Ce principe s’appliquant pour chaque pays européen.

Les grandes nations, en majorité européennes, vont mettre en place des bureaux postaux nationaux. Le plus important de ces bureaux étrangers est, de loin, celui de la France.

Le tarif pour l’étranger à partir du 1er juillet 1875 est de 1,20 piastre. Au 1er avril 1878, il passe à 1 piastre. Une des originalités de l’organisation postale égyptienne est la présence de boîtes postales dans les hôtels, avec oblitérations particulières. Certaines de ces oblitérations sont très recherchées, comme celle de l’hôtel Mena House, au pied des pyramides.

 Poste française

14a14bLa France a quatre bureaux dans ce pays: Alexandrie, Le Caire, Port-Saïd et Suez. Le choix de la présence d’un bureau à Alexandrie s’impose tout naturellement à la France comme à tous les autres pays tant ce port est véritablement la tête de pont entre l’Egypte, les mondes arabe et asiatique, et l’Europe. Pendant quatre-­vingt-quinze ans, du 1er mai 1837 au 31 mars 1931 -record absolu de la pré­ sence d’un bureau de poste étranger en Egypte -, la France va faire fonctionner à Alexandrie un bureau de poste. De 1837 à mars 1857, les plis sont oblitérés par des timbres à date. Puis, à partir de 1857, le bureau reçoit les timbres-poste de France. Les timbres sont alors oblitérés par le petit chiffre 3704 puis, à compter de 1862, le petit chiffre est remplacé par le gros chiffre 5080 (14a et 14b).

14cLe bureau de Port-Saïd, fermé en même temps que celui d’Alexandrie en 1931, avait été ouvert en juin 1867. Ce bureau est connu par Je gros chiffre 5129. Quant à celui de Suez, ouvert en 1862, il est fermé en novembre 1888. Son gros chiffre est le 5105. Enfin, le bureau du Caire aura une courte période d’activité, tout juste dix ans, de novembre 1865 à mars 1875. Son gros chiffre est 5119 (14c).

14dNous trouvons dans ces bureaux l’ensemble des timbres de France de l’Empire (non dentelés, dentelés, laurés 14d) aux types «Bordeaux» et« Cérès». A l’extrême fin de notre étude, le type « Sage» sera, en 1898, surchargé « Alexandrie ».

14eEtrangement, au XIXe siècle il n’existe pas de convention postale entre la France et l’Egypte. Aussi, avant 1876, les plis pour la France sont sous affranchissement mixte : égyptien à l’intérieur du pays et français en direction de la France. Parmi les plis recherchés, cette lettre d’Alexandrie venue de Beyrouth, affranchie par des timbres anglais avec la marque G06, transportée par bateau jusqu’à Alexandrie et de là réexpédiée par le bureau français avec gros chiffre 5080 (14e).

14fD’autres plis rares sont ceux postés au dernier moment sur les bateaux français et annulés par un timbre à date particulier (14f). Vers 1876 la poste de France en Egypte crée des cartes postales.

 Bureau italien

15a15dLe bureau italien d’Alexandrie est de loin le plus important après celui de la France. Ouvert le 1er mars 1863, il fermera vingt ans après, le 31 janvier 1884. Les timbres utilisés sont les timbres sardes puis, à la fin 1863, les timbres du royaume d’Italie (15a). A partir de 1874, ces timbres d’Italie sont surchargés «Estero», c’est-à-dire étranger. Quant aux oblitérations, il s’agit au début d’un timbre à date puis, vers 1866, d’un gros chiffre 234 (15b et 15c). Les raretés de ce bureau sont les plis – huit connus à ce jour – postés de Beyrouth pour l’Europe, mais qui sont passés par Alexandrie. A l’époque, les liaisons maritimes entre Beyrouth et l’Europe sont irrégulières (15d). Il était préférable de passer alors par Alexandrie, un port actif et bien organisé.

A la différence de la France, l’Italie a signé une convention postale avec l’Egypte, le 1er janvier 1873. Ainsi, de 1865 à 1873, nous trouvons des affranchissements mixtes. A partir de 1873, l’affranchissement est exclusivement égyptien pour l’Italie.

 Poste autrichienne

L’Autriche est le premier pays à avoir signé, dès le 1er octobre 1868, une convention postale avec l’Egypte. Les affranchissements mixtes existent uniquement pendant cinq ans. Troisième poste par son importance en Egypte, l’Autriche a deux bureaux, l’un à Alexandrie ouvert en 1845 et fermé en 1889 ; l’autre à Port-Saïd ouvert juste cinq ans, de 1869 à 1874.

16a16dAvant 1863, année de l’arrivée des premiers timbres autrichiens, il existe de nombreux timbres à date avec «Alexandria» sur une ligne ou dans un cercle «Alexandria» avec le mois sans le millésime, suivant en cela une tradition postale autrichienne. Les timbres arrivent en septembre 1863. De 1867 à 1883, ils sont à l’effigie de François-Joseph. Puis les timbres seront aux armes de l’Autriche. Ce bureau utilise à partir de 1873 des cartes postales. La curiosité des premières oblitérations autrichiennes en Égypte est que ces dernières sont écrites en italien (16a à 16d).

Ces trois nations – France, Italie et Autriche – doivent leur présence postale active en Egypte à l’existence de lignes maritimes régulières et nombreuses. Quant aux autres Etats – Grèce, Russie et même Grande-Bretagne -, ils sont nettement moins présents.

 Poste britannique

17bla Grande-Bretagne est singulièrement discrète. Au début, le service postal britannique est souvent rattaché au vice-consul. Hormis le bureau de Suez (1831-1873), celui du Caire (1859-1879) est une annexe du bureau d’Alexandrie (1839-1878) (17b). La Grande-Bretagne, troisième pays a avoir signé une convention postale avec l’Egypte, le 1er juillet 1873, utilise ses propres timbres à compter de 1859. Soit vingt ans après la première émission du Penny Black.

17aCurieusement, les plis mixtes entre 1866 et 1873 sont très rares pour des raisons obscures (17a). En revanche, à partir de 1873, le courrier prend son essor avec un tarif établi vers Malte et Gibraltar à 2,20 piastres, vers la Grande-Bretagne à 3,10 piastres, les Etats-Unis à 4,5 piastres. Les oblitérations connues sont le B01 pour Alexandrie et B02 pour Suez. Les plis du bureau de Suez sont les plus rares.

Bureau grec

18a18bComme la France, la Grèce n’a pas signé de convention postale avec l’Egypte. Une proximité géographique doublée d’une présence humaine importante sur le sol égyptien signale cette philatélie. Le bureau d’Alexandrie, ouvert en 1854 et tenu un temps par le consul, est fermé pour cause de guerre de Crimée et rouvert en 1856. Il fonctionne alors jusqu’en 1881 et, pendant vingt ans, comme un vrai bureau. A cause de l’absence d’obligation de mettre des timbres à l’expédition mais uniquement à l’arrivée, les plis grecs d’Egypte sont très rares (18a et 18b).

 Poste russe

Dernière grande puissance, la Russie compte deux bureaux en Egypte : l’un à Alexandrie, ouvert en 1857, l’autre à Port-­Saïd, ouvert en 1867, et tous les deux fermés en 1875. L’existence de ces bureaux est liée à la présence de trois grand s compagnies maritimes : la Compagnie russe de navigation à vapeur et de commerce (ROPIT), la Flotte volontaire et la RVAP qui relient l’Egypte à Odessa. Les plis peuvent être aussi bien affranchis par des timbres russes que par ceux émis par les compagnies.

19a19bLe chiffre du bureau d’Alexandrie, 785, oblitère des plis très rares et recherchés des philatélistes (19a et 19b).

Paru dans Le Monde des Philatélistes n° 533 – octobre 1998

Genèse de la poste moderne au pays des pharaons
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  1. Riham

    Des informations tres precieuse sur l’histoire de la poste egyptienne……pourrai- je savoir les references ? cela m’aidera a finir mon article sur ce sujet. remerciements.

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