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La Macédoine antique Europe, Macédoine, Pays G-N

Une

Seul des quinze pays de l’Union européenne, la Grèce refuse de reconnaître la République de Macédoine ex-yougoslave. Car elle s’estime unique dépositaire historique du nom de Macédoine et entend le faire savoir. Jusqu’à utiliser la philatélie comme messager.

01A la fin de l ‘année 1993, une flamme à impression continue – longtemps en service – oblitère le courrier au départ de Thessalonique, capitale de la province grecque de Macédoine, proclamant en anglais : « Macedoni Greece 4000 years/of hellenic civilisation» (La Macédoine, Grèce, 4 000 ans de civilisation grecque) (1).

La Macédoine moderne est, depuis les guerres balkaniques de 1912-1913, répartie politiquement entre trois pays : la Grèce en détient 50 %, l’ex-République yougoslave 30 % et la Bulgarie 20 %. Dans l’Antiquité, la Macédoine, avant le IVe siècle av. J.-C., forme un territoire mal délimité au nord de la Thessalie. Ses habitants sont alors considérés comme des barbares, c’est-à-dire des peuples qui ne parlent pas grec. Au VIIe siècle, la Macédoine est unifiée autour de sa capitale Aigai. Ce qui n’empêche pas les Grecs de fonder des colonies sur les côtes. Des colons de Chalcis (île d’Eubée) s’installent dans la triple péninsule à laquelle ils donneront le nom de leur métropole : la Chalcidique. Citons aussi Abdère, patrie du philosophe Démocrite auquel on doit la conception atomiste de l’univers. Un timbre grec de 1959 montre une monnaie de cette cité grecque, datée du Ve siècle av. J.-C.

C’est à cette époque que la Macédoine se constitue en Etat fort sous l’autorité de rois énergiques. Archélaos (413-399) se montre grand organisateur. Il déplace la capitale du royaume d’Aigai à Pella, à l’ouest de Thessalonique, dont il fait un centre administratif et culturel de première importance. Afin de se faire reconnaître définitivement comme Grecs – les historiens modernes sont généralement d’accord sur l’idée que les Macédoniens étaient des Indo-Européens comme les Grecs auxquels ils étaient apparentés -, Archélaos et ses successeurs invitent à leur cour hommes de lettres et artistes renommés.

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04Si, aujourd’hui, les ruines de cette nouvelle capitale ne sont guère impressionnantes, il en va tout autrement des pavements en mosaïque conservés au Musée archéologique. Un détail de l’une de ces mosaïques a été reproduit sur un timbre grec de 1970 (2). On y voit un jeune homme s’apprêtant à frapper un coup d’épée. La scène complète montre une chasse au lion et pourrait représenter Cratéros (à droite) sauvant  son ami Alexandre le Grand (à gauche) (3). Cette mosaïque en galets polychromes date de la fin du IVe siècle, ce qui en fait l’une des plus anciennes que nous connaissons. Une autre scène de chasse, au cerf cette fois, est l ‘un des motifs d’une série de sept timbres émise par la Grèce le 17 juillet 1992 (4). Signée par son auteur, Gnosis, cette mosaïque est datée d’environ 300 av. J.-C.

Le soleil de la discorde

Emise un an après l’accession à l’indépendance de la République de Macédoine (1991), la série illustre l’apport culturel de la Macédoine antique considérée comme partie intégrante du territoire grec. Toutes les valeurs comportent le soleil de la dynastie macédonienne, dont les plus célèbres représentants seront Philippe II et son fils Alexandre le Grand. Ce symbole a été retrouvé sous diverses formes dans des tombes macédoniennes : sur des boucliers miniatures décorant des objets et sur un bouclier peint sur les murs de la tombe.

05-07L’exemple le plus éclatant provient des fouilles de la nécropole royale de Vergina. Jusqu’au IIIe siècle av. J.-C., les rois de Macédoine étaient ensevelis dans la nécropole d’Aigai, l’ancienne capitale. Mais après le pillage des tombeaux par les Galates – une peuplade celtique d’Asie mineure – en 274-273, il fut décidé de transférer à Vergina les tombeaux endommagés. En 1977-1978, Manolis Andronicos, professeur d’archéologie classique à l’Université de Thessalonique, entreprit de fouiller le site. Il y découvrit une tombe voûtée comme c’était la coutume dans les sépultures macédoniennes. Passé une porte d’entrée surmontée d’une fresque ornée de scènes de chasse au sanglier et au lion, on pénétrait dans une première chambre funéraire. On y trouva un sarcophage en marbre contenant un coffret en or qui enfermait les ossements d’une femme. A côté, une couronne en or de feuilles et de fleurs de myrte, un carquois recouvert d’une plaque d’or décorée de scènes en relief représentant sans doute la prise de Troie par les Grecs, une paire de jambières en bronze doré. Un des timbres de 1992 reproduit, d’après photo, la partie de l’antichambre qui vient d’être décrite, à laquelle on a adjoint le portrait de M. Andronicos (5). Déjà en 1979, les découvertes archéologiques de Vergina avaient donné lieu à l’émission de sept timbres parmi lesquels l’un montre la couronne (6) et un autre un détail du décor du carquois (7).

Une tombe d’une incroyable richesse

08-1011-12De l’antichambre, on passait par une porte de marbre dans la pièce principale, un carré de 4,46 mètres de côté. Dans un coin ont été découverts des vases et des armes en bronze, dans un autre des vases en argent dont un pichet orné d’un Silène (compagnon de Dionysos) barbu et chevelu. Ce vase figure sur un timbre de 1979 (8), alors qu’un autre montre une lanterne en bronze ajouré à l’intérieur de laquelle on suspendait une lampe à huile (9). On peut encore mentionner une cuirasse constituée de plaques de fer revêtues de cuir et de tissu. Trois bandes d’or et des têtes de lion du même métal la décoraient (10) : ce devait être la cuirasse du défunt dont les restes enveloppés dans une étoffe de pourpre étaient conservés dans une deuxième urne funéraire en or insérée dans un sarcophage de marbre. Ce coffret était fermé par un couvercle orné de l’emblème dynastique, le soleil rayonnant, visible sur le timbre de 1979 (11). Devant le sarcophage ont été retrouvés des restes de figurines en ivoire et en or provenant d ‘un mobilier. Une minuscule tête en ivoire, haute de 2 centimètres, représente une tête d’homme barbu qui pourrait être celle du roi Philippe II (12). Une autre tête représenterait Alexandre et une troisième Olympias, sa mère, dont le premier sarcophage contenait vraisemblablement les restes. Car, pour M. Andronicos, la richesse des découvertes effectuées dans cette tombe conduit à conclure « qu’il s’agit de la tombe de Philippe II, car aucun autre roi n’est mort en Macédoine entre 350 et 325 », datation obtenue par l’examen de la tombe.

1314Aux yeux des Grecs, le soleil macédonien est donc bien la propriété de la Macédoine grecque. Or, et c’est là l’objet de la controverse, la toute récente République de Macédoine a émis en 1992 trois timbres montrant le drapeau du nouvel Etat, rouge frappé en son centre du soleil rayonnant (13). Dès 1990, la Grèce avait voulu faire sien ce symbole en le portant au revers de nou­velles pièces de 100 drachmes, auxquelles fait écho un des timbres de 1992 associant une monnaie macédonienne antique au soleil à dix-huit branches de la dynastie des Argéades (14). Sur ce point, il semblerait que Skopje ait fait un pas pour calmer la colère d’Athènes en s’engageant à abandonner ce symbole.

L’ambition du roi Philippe

Avant le transfert de la capitale du royaume de Macédoine à Pella, les Macédoniens n’ont joué qu’un rôle secondaire dans l’histoire hellénique. Une nouvelle période s’ouvre ensuite qui verra la Macédoine supplanter une Grèce désunie à la fin du Ve siècle, quand Athènes sort vaincue de la guerre du Péloponnèse qui l’a opposée à sa rivale de toujours, Sparte. Le IVe siècle débute dans le royaume du nord par une longue suite d’assassinats et de défaites militaires. Mais en 359, Philippe, âgé seulement de vingt-trois ans, devient régent du royaume au nom de son neveu, trop jeune pour gouverner. Il impose si rapidement son autorité que trois ans plus tard, en 356, il se proclame roi. Commence alors un règne de vingt ans à l’issue duquel l’emprise de la Macédoine sur la Grèce sera consommée.

1516Pour assouvir son ambition, Philippe doit tout d’abord faire de son royaume un Etat puissant, bien organisé au plan intérieur et disposant d’une armée solide, dont la phalange est le fer de lance. Il peut ainsi repousser ses voisins ou annexer leur territoire, comme le district aurifère du mont Pangée, en Thrace, qui sera la source essentielle de son revenu. Formé à la culture grecque pendant une captivité à Thèbes, Philippe n’a de cesse de poursuivre l’hellénisation de la Macédoine et des régions nouvellement conquises : il démentait en cela l’orateur athénien Démosthène – le plus célèbre adversaire politique de Philippe – dont les discours enflammés, appelés« philippiques», dépeignaient le souverain macédonien comme un ennemi de la Grèce. Afin de surveiller les mines du Pangée, il conquiert en 356 une ancienne ville de la Macédoine thrace à laquelle il donne son nom, Philippes. Les postes grecques ont émis en 1987 un timbre associant le théâtre de cette cité et la comédienne Hélène Papadakis jouant Hécube dans la tragédie éponyme d’Euripide (15). C’est à Philippes que l’apôtre saint Paul fonda une des premières communautés chrétiennes d’Europe, à laquelle il adressa sa fameuse Epître aux Philippiens. D’où sa présence sur un timbre de 1992 (16).

Concurrencer les Perses et les Grecs

17Les bénéfices que Philippe tirait de l’exploitation des mines lui permettaient de battre monnaie et de concurrencer sur ce terrain les Perses et les Grecs. Deux monnaies en argent de Philippe ont fait l’objet de timbres, l’un grec et l’autre bulgare. Emis en 1956 au profit de l’Association des études macédoniennes, le premier est un timbre de bienfaisance apposé en sus de l’affranchissement sur le courrier interne à la Macédoine (17).

18On y voit Zeus de profil et la légende «Philippos». Le second date de 1967 et montre un cavalier macédonien, la main droite levée, avec dans le champ l’inscription « Philippou » : (monnaie) de 27 Philippe (18).

192021A l’instar de ses prédécesseurs, le roi éclairé, et décidément philhellène, sait s’entourer des meilleurs poètes, artistes ou philosophes grecs tels le peintre Apelle, portraitiste d’Alexandre le Grand, ou le philosophe Aristote qu’il a chargé de l’éducation de son fils, âgé de treize ans. Ce que nous rappelle une autre valeur de 1992 rapprochant un portrait de l’illustre philosophe et une carte de la province grecque de Macédoine (19). Il est vrai qu’Aristote y était né, en 384, à Stagire dans la péninsule de Chalcidique, comme l’avait indiqué un des timbres commémorant en 1978 les deux mille trois cents ans de la mort d’Aristote (322). Un cercle rouge localise la patrie du fondateur à Athènes du Lycée, sorte d’institut supérieur de philosophie et des sciences (20). Le timbre reproduit en outre une inscription épigraphique disant qu’« Alexandre fit élever ce portrait du divin Aristote, fils de Nicomaque, fontaine de toute sagesse». Cette inscription, trouvée à Athènes fournit la preuve qu’une statue d’Aristote, aujourd’hui perdue, fut dédiée à son maître par l’élève reconnaissant. Un second timbre de bienfaisance de 1956 offre un profil du philosophe (21).

2223En 336, Philippe II est assassiné. Alexandre, son fils aîné, n’a que vingt ans quand il monte sur le trône de Macédoine. Sa mère, Olympias, fille du roi d’un peuple d’Epire (au sud-ouest de la      Macédoine) n’est peut-être pas étrangère à la mort de son époux qui lui a préféré Cléopâtre, fille d’un des généraux de Philippe. Par sa mère, Alexandre se réclamait du bouillant Achille, héros de la guerre de Troie. Par son père, il se disait descendre d’Héraclès, fils de Zeus. Des monnaies datant de son règne (336-323) montrent le jeune homme coiffé d’une peau de lion, à la manière de son divin ancêtre. Voyez par exemple celles reproduites sur des timbres de Chypre de 1966 ou de Grèce de 1959 et 1963 (22 et 23) : l’avers est orné de la tête d’Alexandre tandis qu’au revers siège zeus.

2425Une pareille lignée engageait Alexandre III, qui sera bientôt surnommé le Grand, sur le projet grandiose de bâtir un empire universel, le plus vaste que l’Antiquité ait connu avant les Romains. Décidé à attaquer les Perses, éternels ennemis de la Grèce depuis. Marathon et Salamine, sur leur propre, territoire, Alexandre quitte Pella en 334 pour une expédition qui durera douze ans et conduira l’armée macédonienne jusqu’aux rives de l’Indus. Après avoir remporté une première victoire sur les Perses, dès l’été 334, Alexandre bat l’année suivante le roi perse Darios III à Issos, en Cilicie (sud de la Turquie). Une – célèbre mosaïque de sol, aujourd’hui conservée au Musée archéologique de Naples, évoque cette bataille. Réalisée dans la deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C., elle décorait la maison du Faune à Pompéi et reproduisait un tableau peint par Philoxénos d’Erétrie à la fin du IVe siècle. Un détail a été repris sur un timbre de la série « Macédoine » : Alexandre, tête nue, chevauche Bucéphale (24). C’est le roi Darios sur son char qui a été choisi pour illustrer un timbre du Mali émis en 1974 (25).

Alexandre sur le chemin de l’Egypte

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27Le Musée archéologique d’Istanbul conserve un sarcophage en marbre sculpté par un Grec d’Ionie, sur la côte occidentale de la Turquie, peu après 333. Trouvé en 1855 dans la nécropole royale de Sidon (aujourd’hui Sayda au Liban), ce sarcophage, dit d’Alexandre, représente également des scènes de la bataille d’Issos qui libéra la cité phénicienne du joug perse. Les postes helléniques ont reproduit des détails de la décoration de ce sarcophage sur un timbre de la série Histoire de 1937-1938 (26), dont un gros plan apparaît en 1968 (27). Le conquérant macédonien, coiffé d’une tête de lion, écrase avec son cheval un soldat perse.

En 332, Alexandre conquiert la Palestine en enlevant Tyr après un siège de sept mois. Il s’empare de Gaza et pousse jusqu’en Egypte où il est accueilli en libérateur. Il rend visite à l’oracle du dieu Amon qui le proclame son fils, légitimant ainsi l’ambition du jeune souverain. A la fin de l’année, il fonde Alexandrie d’Egypte, première d’une longue série de villes qui jalonneront la conquête asiatique d’Alexandre. Selon l’historien grec Plutarque, Alexandre a fondé plus de soixante-dix villes qui sont autant de relais pour la diffusion de l’hellénisme dans ces contrées «barbares». La moitié d’entre elles sont identifiées à ce jour, dont vingt ont pour nom Alexandrie.

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29Le bureau français installé dans le port égyptien en 1830 permet à travers son courrier d’évoquer le passage du conquérant macédonien. A partir de 1902, le bureau fut doté de timbres aux types Blanc, Mouchon et Merson portant la mention «Alexandrie», telle cette lettre recommandée du 5 novembre 1919 à destination de Paris (28). Le bureau fut fermé le 31 mars 1931 mais le paquebot Alexandrie de la compagnie des Messageries maritimes, a oblitéré le 50 c Semeuse lignée affranchissant une lettre pour Montélimar (29). Ce paquebot joignait Marseille à Beyrouth via Alexandrie et Port-Saïd en Egypte, et Jaffa en Palestine. Sous le nom d’Alexandre – les personnages mythiques ou historiques de l’Antiquité gréco-romaine étaient alors fréquemment choisis pour baptiser des navires -, un autre paquebot de cette compagnie a sillonné la Méditerranée de 1851 à 1861. Il disposait lui aussi d’une agence postale embarquée.

Une fois parvenu aux portes de l’Inde, Alexandre dut, sous la pression de ses soldats désireux de rejoindre leur patrie – nous sommes en 326 et cela fait neuf ans que l’expédition a quitté la Macédoine – engager ses troupes sur le chemin du retour. Parvenu à Babylone en 323, le jeune roi succomba à une attaque de malaria. En Orient comme en Occident, la renommée d’Alexandre prit dès sa mort des proportions inouïes. Il devint un héros quasi mythique capable d’accomplir les exploits les plus invraisemblables. D’où une floraison d’images et de récits. En émettant le 23 juillet 1977 – 2 300 ans après la mort du divin conquérant de l’Asie – une série de sept timbres consacrés à l’œuvre civilisatrice d’Alexandre le Grand, les postes grecques nous ont offert quelques-unes de ces images. S’y côtoient :

– le phare d’Alexandrie, une des Sept Merveilles du monde, sur une monnaie romaine,

– Alexandre déposant les œuvres d’Homère sur la tombe d ‘Achille, d’après une fresque de Raphaël (Vatican),

30- Alexandre plongeant au fond de la mer dans un tonneau de verre, sur une miniature flamande du XIVe siècle, sujet déjà évoqué par un timbre de Monaco en 1962 (30),

– Alexandre à cheval sur un tapis copte,

– Alexandre recevant l’oracle qui lui annonce que ses jours touchent à sa fin, sur un manuscrit byzantin,

– la mort d’Alexandre le Grand sur une miniature persane.

31Chacun de ces timbres montre en outre une monnaie de Lysimaque, lieutenant d’Alexandre dont le profil orne le revers. Le motif avait servi en 1954 (31).

32Deuxième agglomération de Grèce après Athènes et deuxième port après Le Pirée, Thessalonique -ou simplement Salonique d’après son nom turc ­ conserve aujourd’hui encore le nom de la sœur d’Alexandre, dit-on, qui avait épousé le général Cassandre. Ce dernier avait fondé la ville au bord du golfe Thermaïque en 316 av. J.-C. Un timbre grec de 1985 rend hommage au fondateur de la capitale de la Macédoine grecque à travers une monnaie ancienne. Déjà florissante sous les rois macédoniens successeurs d’Alexandre Thessalonique vit son importance s’accroître rapidement après la conquête romaine (168 av. J.-C.) aux dépens de Pella. Bien située sur la voie Egnatia, qui reliait l’Italie à Constantinople, elle devint tout naturellement capitale de la province romaine de Macédoine en 150. Datant de cette période, une monnaie, reproduite sur un timbre bulgare de 1967, montre un dieu – Zeus ou Poséidon- au centre d’un bouclier macédonien (32).

Un foyer de tensions

33« La Macédoine est grecque ! » scandaient les manifestants athéniens de 1992. Considérée par les anciens Grecs comme un Etat archaïque et thrace – donc « barbare»-, désireuse, sous Philippe II et Alexandre, d’unir les Grecs contre le vaste empire perse, la Macédoine a toujours été un foyer de tensions. Quand l’empire ottoman s’est affaibli, dans la seconde moitié du XIXe siècle, Bulgares, Serbes et Grecs ont manifesté leurs visées sur cette région stratégique au cœur des Balkans. Le traité de Bucarest (10 août 1913) a partagé la Macédoine entre les trois peuples. Pendant la première guerre mondiale, la Bulgarie a occupé la partie serbe de la Macédoine, mais en 1919 elle a perdu la Thrace maritime qui lui offrait un accès à la mer Egée. Pourtant, pendant la seconde guerre mondiale, la Bulgarie, alliée à l’Allemagne, annexera, entre 1941 et 1944, presque toute la Macédoine, comme on le voit sur un timbre de 1941 (33) : sur la carte sont indiquées, du nord au sud, les villes de Pirot (Serbie), Sofia (capitale bulgare), Skopje, Ohrid et Bitola (Macédoine ex-yougoslave). Il faudra attendre le traité de Paris en 1947 pour voir rétablies les frontières de 1919. Dès 1946, le maréchal Tito acceptait une république de Macédoine dans la fédération yougoslave. On connaît la suite…

Paru dans Le Monde des Philatélistes n° 502 – Décembre1995

La Macédoine antique
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