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Socrate a parlé

Ce que l’on écrivait de L’Ile de France

Je pensais vous parler d’un tout autre sujet mais en jetant un œil au contenu du magazine qui était sur le point d’être bouclé, j’ai vu l’article de Guy Prugnon en pages 86 et 87. Comme vous le lirez, il évoque l’affaire des surchargés du paquebot Ile de France qui a fait coulé beaucoup d’encre, une belle polémique à ranger au Panthéon de notre philatélie. Malgré les conditions de leur émission – souvent contestées – ils sont en effet de véritables raretés. Une cote chez Yvert de 4 750 € pour le 10 f sur 90 c rouge et la bagatelle de 17 500 € s’agissant du 10 f sur 1,50 f. Par le plus grand des hasards, j’avais sur mon bureau (juste avant de prendre connaissance de l’article) deux lettres jamais publiées de passagers de L’Ile de France. Je ne résiste pas au plaisir de vous en dévoiler le contenu.

Coup monté ou pas, des passagers savaient ce qui se passait à bord ! «Ces deux mots pour vous offrir la primeur du premier courrier envoyé par avion de l’océan. Conservez précieusement l’enveloppe qui est appelée à avoir une certaine valeur de par son cachet spécial avec l’autographe du pilote de l’avion et de son timbre surchargé spécialement».

Dans l’autre lettre, on peut lire : «Voici un timbre qui deviendra très rare car il fait partie d’une série de 2000 qui ont été imprimés en surcharge car il n’y avait plus de timbres à bord». Ces lettres émanent-elles de philatélistes ? Ce n’est pas certain, compte tenu de la manière dont elles sont rédigées. Pour le destinataire de l’enveloppe adressée en Belgique, aucun doute il ne l’était pas, car celle-ci a été ouverte sans grand soin.

A noter que contrairement à ce qui est indiqué, la « série » n’est pas de 2000 exemplaires pour le Berthelot mais de 3000, ce qui de toute façon est fort peu.

Cela n’échappera pas au marché philatélique car dès novembre 1928, un négociant du Calvados proposait 700 f pour celui-ci et 1 500 f pour le Pasteur. Je connais en tout cas des collectionneurs qui accordent la plus grande attention à ces surchargés et qui citent volontiers l’ouvrage publié en 1930.





Les timbres de l’Ile de France de Robert Blazy et Marius Gauvin dont voici la conclusion : «Quoi qu’il en soit, officiels ou non, ces timbres ont été valablement employés.
Ils ont eu une existence effective. Les aérophilatélistes qui sont les plus intéressés par cette question connaissent plus que d’autres, la valeur des pièces semi-officielles.
Les philatélistes peuvent ignorer les 2 timbres « Ile de France », les aérophilatélistes, non ! »
.

Depuis 1928 ces surchargés font parler d’eux, preuve que la philatélie demeure une affaire de passionnés.

Remerciements à Alain Jacquart pour l’iconographie de cette chronique




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