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Socrate a parlé

La France gagnerait à organiser
une exposition internationale

Les collectionneurs étrangers nous boudent un peu, oublient notre philatélie et ils ont en partie raison. Depuis PhilexFrance’99., notre pays n’a pas organisé d’exposition philatélique internationale et on ne peut que le regretter. Lorsque je vois le succès rencontré par Londres 2010, je me dis : pourquoi ne sommes-nous pas capables d’en faire autant ? Je fais partie des personnes qui croient en l’avenir de la philatélie – malgré tous ses aléas – et il me semble que l’organisation d’une manifestation de cette nature donnerait un bon coup de fouet à notre passion, mobiliserait les énergies de façon constructive, apporterait un renouveau. Les idées ne manquent sûrement pas et nul doute que nous pourrions réaliser une internationale de façon originale alliant tradition et modernité. Les grincheux ne manqueront pas de me dire que c’est trop cher, que cela ne fonctionnera pas, que le public ne sera pas au rendez-vous. Je tiens à leur dire qu’ils ont bien tort. C’est en ne faisant rien, en étant passif que l’on va dans le mur. C’est vrai pour la philatélie comme pour bien d’autres disciplines. Ce n’est pas un hasard si la France cherche à attirer de grandes manifestations sportives, des salons internationaux, ils apportent une dynamique.
A vous chers amis qui auriez un peu oublié l’historique, la première exposition en France vraiment philatélique date de 1892. Baptisée « Première exposition internationale de timbres-poste à Paris », elle est inaugurée le 15 septembre et se tient au Palais des Arts Libéraux au Champ de Mars. Si l’on trouve bien entendu des timbres de France et des colonies, figurent en bonne place de grandes raretés avec les Post Office de l’île Maurice, les Missionnaires d’Hawaï et les premières émissions de Guyane britannique. Une quarantaine de stands de négociants sont installés mais point d’Arthur Maury, ce dernier voyant d’un mauvais œil la venue de confrères étrangers ! De ce salon qui se clôture avec palmarès et remise de médailles, il n’existe aucun souvenir philatélique même si les collectionneurs recherchent notamment aujourd’hui le catalogue de l’exposition, alors vendu 1 franc. Toujours pas de souvenir philatélique en bonne et due forme à l’exposition de 1900 même si les tirages spéciaux, entiers commémoratifs sont assez nombreux à l’occasion de l’Exposition Universelle. C’est en 1913 qu’apparaît le premier cachet commémoratif dédié à une exposition internationale et c’est l’année 1925 qui voit de grandes évolutions. Ainsi pour assurer la promotion de l’exposition une vignette est distribuée, notamment au travers de la presse philatélique. L’administration postale française émet un « bloc exposition » au tirage limité à 50 000 exemplaires. Vendu 25 f avec le ticket d’entrée, ce souvenir plaît indiscutablement. Sa vente est limitée à 5 exemplaires au début de l’exposition puis se trouve ramenée à un exemplaire. Cinq jours avant la clôture, il ne reste que 3 000 blocs disponibles et le dernier jour, ils se négocient 40 f sur les stands ! Tiens, tiens cela me rappelle nos feuilles pour commémorer les 40 ans de l’imprimerie de Boulazac… Un souvenir qui aura aussi beaucoup de succès, c’est celui de l’exposition internationale de Strasbourg. Le bloc avec la paire de Semeuse s’arrache et les 50 000 blocs sont très vite vendus… au point que 100 000 demandes ne peuvent être honorées !
Pourquoi votre Socrate vous parle-t-il de ces blocs ? Pour de multiples raisons : tout d’abord parce que cette collection est intéressante à réaliser, que les tirages limités de certains d’entre eux me font étrangement penser à une actualité récente (même si ce n’est pas directement comparable) et qu’enfin les souvenirs émis pour les internationales assurent une partie du financement. Phil@poste qui connaît la musique serait mal fondée de dire qu’elle ne peut pas trouver d’argent pour assurer une exposition internationale. Elle répondrait davantage – de mon point de vue – aux souhaits des philatélistes que le salon Planète Timbres. L’appel est lancé, j’espère qu’il sera entendu.


Socrate
 
 

 




 

 
 

 
 

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