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L'édito
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Urgent ! La philatélie aurait pu faire l’économie de la consternante affaire des quatre feuilles dédiées aux quarante ans de l’imprimerie de Boulazac, vendues à Planète Timbres à Vincennes en juin dernier. Imprimées chacune à 4 000 exemplaires, elles ont été toutes vendues dès le lendemain de l’ouverture du salon. De nombreux philatélistes et négociants se sont arrangés pour se procurer plusieurs exemplaires de ce tirage limité et ces feuilles de 40 timbres à un euro de faciale se sont rapidement retrouvées sur des sites de ventes aux enchères à des prix allant jusqu’à 500 €. Lorsque nous avons bouclé notre numéro de juillet-août, le salon n’était pas terminé et je souhaitais – avant de réagir – prendre connaissance du discours que Françoise Eslinger (directrice de Phil@poste) devait donner à l’occasion du congrès de la FFAP. Il est à présent diffusé sur le site de la Fédération et je vous invite à la regarder. Françoise Eslinger n’a rien trouvé de mieux à dire pour justifier ce faible tirage que : « Ou on redonne à la philatélie, non pas de la spéculation, mais un peu d’adrénaline ou on ne le fait pas. Moi je veux bien tout arrêter (…) Soit je peux servir tout le monde et dans ce cas ce n’est plus pareil, soit je ne peux pas servir tout le monde et dans ce cas-là il y a de la frustration. Le principe du désir c’est la frustration et j’ai voulu instaurer le désir dans ce salon. » Elle a ensuite ajouté que cette affaire n’était pas dramatique, qu’il n’y avait pas mort d’homme, etc.. Je ne pensais pas qu’il était possible de faire preuve d’autant de désinvolture. Les philatélistes qui n’ont pu se procurer ces feuilles sont revenus de ce salon totalement écœurés, frustrés et cette frustration-là – contrairement à ce que pense Françoise Eslinger – ne leur donne absolument pas envie de collectionner mais plutôt d’arrêter. Phil@poste m’objectera que ces timbres (et non les feuilles) seront servis aux réservataires et aux abonnés, même si peu auront le tête-bêche. C’est tout à fait exact mais dans l’esprit des collectionneurs le mal est fait et Phil@poste aurait pu se dispenser de se les mettre encore un peu plus à dos. L’imprimerie de Boulazac, dont le personnel s’inquiète pour le maintien des emplois, méritait mieux que cette contre-publicité pour fêter son anniversaire. Quant à Phil@poste, elle perdra très certainement des clients avec à terme d’inévitables conséquences pour l’imprimerie. Il est urgent d’arrêter de telles pratiques dont j’avais pourtant alerté en juin 2007 le président de la République dans une lettre où je disais en substance que ces tirages confidentiels non accessibles à tous les philatélistes avaient pour conséquence des mouvements spéculatifs sur les sites de ventes aux enchères. Il m’avait alors répondu : « Je partage votre attachement à la taille-douce et je m’interroge aussi sur l’ampleur de certains tirages ». |
![]() Gauthier Toulemonde |
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