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Petites nouvelles
10 h - Base de Barnéo (à une centaine de kilomètres
du pôle Nord).
Météo très mauvaise mais temps chaud : -15°
Les mauvaises conditions météo retardent les rotations.
L'opération postale au pôle est terminée !
Lundi 10 avril 17 h
Température : -20°
Tous les plis ont été oblitérés dans des conditions très difficiles :
en effet, la tempête polaire sévit à Barnéo ; les tentes sont soufflées
par un vent violent ; l'encre gèle. Rude journée ! Ambiance russe (assez
spéciale) garantie sur la base… Heureusement le temps se lève un peu en
cette fin d'après-midi et la satisfaction du devoir accompli m'envahit.
Mon arrivée hier sur la base restera un souvenir marquant : tout d'abord
l'appareil - un Antonov de l'armée russe à la configuration bien particulière
à commencer par les réacteurs situés au dessus des ailes. Il est compact
avec une longueur de 26,6 m, une envergure de 25,8 m et une hauteur de
8,2 m, son équipement est spartiate et il n'a pas l'air flambant neuf…
Malgré ses 36 tonnes, l'Antonov 74 est capable de se poser partout comme
sur la neige, la glace et sur de courtes distances. Dans des conditions
aussi extrêmes que celles du Pôle, un bon appareil ne suffit pas et il
faut toute l'expérience des pilotes russes pour atterrir avec des roues
sur la glace. Seconde surprise : dans l'appareil j'avais pour compagnons
de vol des chiens de traîneau. Et l'arrivée en avion sur la banquise gelée
constituait un spectacle époustouflant.
L'organisation de la base n'est pas sans rappeler celle de Jean-Louis
Etienne à Clipperton : un lieu de vie qui sert de mess, une tente pour
assurer les liaison radio et toute la logistique de type groupe électrogène,
etc. Deux hélicoptères MI 8 sont aussi présents pour permettre une éventuelle
évacuation. Contrairement à ce que l'on imagine, l'homme ne peut pas vivre
au Pôle. Les populations que l'on appelle trop vite celles du pôle Nord
résident sur les terres situées dans le cercle glacial arctique et sur
la banquise en hiver (se reporter à la carte). Sur l'océan Glacial Arctique,
la banquise dérive constamment. Faite d'immenses " glaçons " qui s'entrechoquent,
elle est l'expression d'un chaos permanent. Il se matérialise par des
bruits assourdissants mais également des crêtes de compression, lesquelles
peuvent atteindre jusqu'à 10 mètres de hauteur. De petites montagnes surgissent
de la rencontre de ces plaques. En avril, la base de Barnéo ne repose
que sur trois à quatre mètres d'épaisseur de glace et chaque année, elle
est refaite sur un nouveau glaçon dont l'orientation par rapport au pôle
Nord géographique est suffisamment proche.
Demain retour au Spitzberg d'où j'espère pouvoir enfin envoyer des images
de mon périple par internet.
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