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| Lundi
23 janvier |
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Le temps presse déjà !
L'idée de réaliser une opération postale au pôle
Nord m'est venue il y a tout juste un an lorsque je me trouvais avec Jean-Louis
Etienne à Clipperton. Pendant les heures que nous avons passées
ensemble lors des séances de dédicaces des enveloppes destinées
aux lecteurs de Timbres magazine, Jean-Louis m'a parlé du
Pôle. Premier homme à l'avoir atteint seul et à pied
en 1986, son enthousiasme était communicatif. « Tu devrais
y aller un jour » me lança t-il voyant mon intérêt
grandir et je lui avais répondu « pourquoi pas, mais sûrement
pas dans tes conditions ». J'étais à Clipperton
dans la douce moiteur de l'océan Pacifique et déjà
mon esprit était ailleurs, dans le froid extrême. L'explorateur
m'avait inoculé le virus et déjà j'imaginais d'immenses
étendues blanches, coupées par de grandes crevasses bleues,
celles marquées par l'océan Glacial Arctique. Car la banquise
dérive en permanence et parfois des blocs de glace se séparent
pour laisser apparaître la mer. Cela avait du reste failli coûter
la vie à Jean-Louis, manquant de peu de passer à l'eau comme
il le raconte dans l'un de ses livres.
Le temps a passé et en décembre dernier, je me suis décidé
à monter cette opération postale. Je voulais des plis originaux
et l'expédition du prince Albert II de Monaco au pôle Nord
m'en a offert la possibilité. Monaco va en effet émettre
un timbre pour rappeler tant l'expédition de son arrière-arrière-grand-père
au Spitzberg qu'évoquer celle d'Albert II. Il va sans dire que
ce timbre figurera sur les enveloppes postées de la base de Barnéo
accompagné d'un ou plusieurs timbres russes.
Bien que je ne parte que dans deux mois, il y a beaucoup à faire
dès à présent. Le cachet souvenir de Pierre Albuisson,
que j'apposerai sur une autre enveloppe lorsque je serai au pôle
Nord géographique, n'est pas encore dessiné. Pierre pense
représenter un ours avec ses deux petits et je lui ai donné
mon accord, lui faisant une confiance totale. Plus problématique
et à régler de toute urgence : trouver le tarif applicable
pour l'Europe s'agissant de l'affranchissement russe de la base de Barnéo.
Notre correspondant local tarde à nous répondre, ce qui
m'empêche de choisir les timbres puis de les trouver en quantité.
Bonne nouvelle côté Spitzberg. La poste privée m'a
trouvé des timbres représentant Advant Bay. Mais ce n'est
pas tout : pour marquer le passage de l'expédition Timbres magazine,
elle a accepté de réaliser une flamme. La poste locale nous
a demandé de lui soumettre quelques projets, ce que nous allons
faire sans tarder.
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| Jeudi
16 février |
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Les cachets sont prêts
Pierre Albuisson vient d'achever les cachets qui figureront sur certains
types de plis du pôle Nord et du Spitzberg (se reporter au bon de
commande).
Pour l'expédition au pôle Nord, j'ai choisi comme emblème
l'incontournable ours polaire sur lequel j'aurai l'occasion de revenir.
S'agissant du Spitzberg, le cachet souvenir représentera un animal
étonnant : le guillemot de Brünnich. De la famille des alcidés,
comme les pingouins, il mesure 43 à 48 cm. Ses ailes sont plus
petites que celles des oiseaux de même taille, ce qui le rend moins
doué pour voler. Encore que, il serait injuste de trop le critiquer
dans ce domaine car en un seul vol il peut accomplir 1 000 kilomètres.
Mais sa principale caractéristique est qu'il est d'abord un grand
nageur, capable de parcourir 6 000 kilomètres par an. Pour se nourrir,
cette espèce de guillemot peut plonger jusqu'à 100 mètres.
L'apprentissage de la mer, le guillemot de Brünich le réalise
très tôt. Trois semaines après l'éclosion,
le jeune quitte la colonie et prend la mer avec son père. Sa présence
est nécessaire pour le protéger des goélands. Cet
alcidé ne vient à terre que pour se reproduire dans des
falaises escarpées et échapper ainsi aux renards tout particulièrement.
L'uf unique que couvent les deux parents représente une forme
en toupie, l'empêchant de rouler au-delà d'un très
petit espace.
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| Vendredi
3 mars |
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Les timbres qui devraient figurer
sur vos enveloppes du pôle
Le choix des timbres pour cette opération postale n'a pas été
simple car il fallait les trouver en quantité et de préférence
en rapport avec l'expédition. Le tarif pour l'Europe (à
partir de la base dérivante de Barnéo est de 19,6 roubles
soit environ 0,60 €) permet d'apposer plusieurs timbres et d'embellir
les enveloppes.
Le pli 1 : hommages multiples
Il devrait comporter le timbre de Monaco et trois timbre russes. Le timbre
de Monaco dont je suis heureux de vous présenter en avant première
la maquette définitive sera émis le 10 avril. Réalisé
en taille-douce offset, il est dessiné par Martin Mörck, un
artiste reconnu. Ce timbre qui figurera sur ce pli du pôle sera
accompagné trois timbres russes qui recevront l'affranchissement
de la base de Barnéo. Ils mettent en avant les explorations scientifiques
russes au pôle Sud et tout particulièrement les moyens logistiques.
Le pli rendra ainsi hommage tant à Albert 1er et Albert II - dans
leurs périples respectifs vers le Grand Nord - qu'à la recherche
dans le pôle opposé. Cette superbe enveloppe est notre façon
d'annoncer 2007 qui sera l'année polaire internationale. J'ai déjà
de nouveaux projets de plis à vous adresser l'année prochaine,
mais il est trop tôt pour en parler.
Le pli 2 : il comportera pas moins de sept timbres !
J'effectuerai la liaison du Spitzberg à la base de Barnéo
avec un appareil mythique : l'Antonov
74. Cet avion est bien connu des spécialistes des expéditions
au pôle Nord et notamment de Jean-Louis Etienne qui en a souvent
parlé dans ses chroniques. Capable de décoller sur de très
courtes distances, et quel que soit le terrain (glace, neige, sable),
c'est vraiment un avion tout terrain. Le poids de cet appareil est de
36 tonnes pour une vitesse maximale de 750 km/h. Celle à l'atterrissage
est de 165 km/h et sur la glace, il semble que l'arrivée soit un
moment exceptionnel, sujet à frissons ! Je m'en remettrai à
la dextérité des pilotes russes, incontestables (voire uniques)
champions pour se poser sur la glace. C'est donc tout naturellement un
timbre représentant un Antonov 74 qui figurera sur ce pli, ainsi
que l'Antonov
24 appartenant à la même série. Pour compléter
cet affranchissement, vous trouverez également sur votre enveloppe
la série complète de l'année 2000 dédiée
à des explorateurs exceptionnels des pôles. Voici un petit
résumé sur chacun d'entre eux, ils sont tous russes :
(1) R.L. Samoylovich
est un géographe, spécialisé dans le Grand Nord.
Il a commandé de nombreuses expéditions vers le pôle
Nord et a participé au fameux sauvetage du pilote italien Nobile
et de son équipage parti avec le dirigeable Italia en 1928.
Sur le timbre on peut voir les principaux protagonistes de cette opération
(et les moyens logistiques notamment le brise-glace Krassine qui
récupéra les naufragés mi juillet), tout comme la
carte du Spitzberg et la route prise pour retrouver les infortunés
aviateurs. A cette occasion une importante mobilisation internationale
a été mise en uvre : pas moins 16 navires et 21 avions
ont participé aux recherches ; parmi eux l'avion du célèbre
explorateur Roald Amundsen et son équipage se perdit en mer de
Barentz le 18 juin provoquant une vive émotion.
(2) V.Yu Vize.
est quant à lui un météorologiste, océanographe
et auteur de nombreux ouvrages sur l'Arctique. Apparaît sur le timbre
la base de Tikhaya Bay située dans l'archipel de François-Joseph.
(3) M.M. Somov
s'illustra sur les deux pôles comme universitaire mais également
explorateur. Les amateurs de la thématique "avion " apprécieront
sur le timbre, un autre Antonov que ceux déjà décrits
précédemment.
(4)P.A. Gordiyenko
est un spécialiste des explorations de l'océan Arctique.
C'est tout naturellement que figure sur le timbre le brise-glace Murmansk.
(5) A.F. Tryoshnikov
a participé à la réalisation de l'atlas de l'Arctique
mais s'avéra également un grand spécialiste du pôle
Sud comme de l'autre pôle.
Si tout se passe bien avec nos correspondants russes, l'ensemble de ces
timbres figureront sur vos plis. Je vous tiendrai au courant, ainsi que
sur les enveloppes au départ du Spitzberg où de beaux timbres
serviront à l'affranchissement. A la semaine prochaine.
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| Vendredi
10 mars |
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Le Spitzberg, un univers à part
" Au Spitzberg on ne trouve pas de gaieté pour l'esprit,
mais on connaît une sérénité dans laquelle
s'endort la tristesse. Des pics nus qui traversent quelquefois leur linceul
de neige ; des champs de glace qui remplissent les baies ou qui assiègent
les caps ; les icebergs qui flottent comme des fantômes sur le théâtre
des drames accomplis ; la morne végétation qui survit aux
forêts couchées de sédiments ; la langueur des animaux
; et enfin la nuit qui enveloppe chaque année pour longtemps ce
séjour ; tout annonce une fatigue de la vie, l'agonie d'un monde,
le retour à la matière lasse de transformations, aux milieux
éthérés.
Comme on serait bien là pour mourir, entre le souvenir des affections
perdues, des séparations cruelles et des rêves de bonheur
; loin des passions nées avec les vices de l'humanité ".
Ce texte fort bien rédigé est signé Albert 1er de
Monaco, extrait des Mémoires d'un navigateur. L'ouvrage est réédité
aux Presses de la Renaissance, je ne saurai trop vous recommander de vous
le procurer.
Comme promis, voici ce qui devrait figurer sur vos enveloppes du Spitzberg.
Le pli 3 comportera un timbre de la poste locale du Svalbard.
L'accompagneront deux timbres d'usage courant de Norvège lesquels
permettront l'acheminement de vos plis pour l'international.
Pour le pli 4, outre le cachet de Pierre Albuisson, vous devriez voir
vos enveloppes affranchies d'un grand format représentant un bateau
à voile d'exception : le Sorlandet.
Ce grand voilier que l'on déjà vu en France - et notamment
à Rouen et Dunkerque - n'a pas toujours eu la vie facile. Construit
en 1927, sa première vocation fut de servir à l'école
de la marine marchande de Kristiansand. La Deuxième Guerre mondiale
l'obligera à d'autres états de service. Ce magnifique trois-mâts
norvégien est en effet saisi par les Allemands en 1940, lesquels
le transforment en prison. Dans des conditions demeurées obscures,
il finit par couler. Récupéré et restauré
par l'occupant, il entame une carrière de cantonnement pour les
sous-mariniers des U-Boats. A la Libération, le Sorlandet
devient à nouveau un navire-école jusqu'à ce que
la Marine norvégienne s'en sépare en 1973. Racheté
par le petit-fils du mécène qui l'avait fait construire,
il est offert à la ville de Kristiansand en 1977. Il accueille
aujourd'hui des stagiaires de la marine marchande de toutes nationalités.
Ne le manquez pas lors de son prochain passage en France.
La semaine prochaine, je vous parlerai des problèmes climatiques,
de la fameuse dérive arctique et des précautions prises
pour protéger vos enveloppes.
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| Vendredi
17 mars |
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Imprévisible pôle Nord
L'expédition postale démarre le 8 avril prochain et il faut à présent
ne pas prendre de retard et tout prévoir, à commencer par l'équipement.
Le température au pôle Nord devrait être à cette période de l'ordre de
- 30° C mais il peut faire beaucoup plus froid comme plus chaud (environ
-15° C). Contrairement à ce que l'on imagine, le Pôle n'est pas la région
la plus froide de la planète. En Sibérie, le thermomètres est déjà descendu
à - 67° C. Il faut toutefois s'équiper en conséquence pour le Pôle car
il nécessaire d'anticiper le refroidissement sous l'effet du vent, qui
est tout sauf négligeable. En cas de vent fort, le corps humain ne ressent
pas la température réelle mais ce que les spécialistes appellent la température
équivalente. A - 35° C, la température équivalente peut atteindre - 45°
C suivant la force du vent et cela peut vite devenir infernal. Comme on
le sait, la température de l'homme est d'environ 37° C, niveau indispensable
à ses organes vitaux. A 25° C, le cœur s'arrête. Certaines parties du
corps peuvent toutefois supporter des excès de froid et notamment les
mains et les pieds. Pour mon déplacement au pôle, on m'a conseillé trois
couches de vêtements, la dernière servant de coupe-vent. Ces différentes
couches de protection doivent être assez amples et dosées afin d'éviter
tout risque de transpiration. En pareille situation, celle-ci a vite fait
de se transformer en glace ! La météo est donc un élément avec lequel
je devrai compter et j'espère qu'elle ne sera pas trop capricieuse. Le
vent peut retarder le départ de mon avion au Spitzberg et ce durant plusieurs
jours. Le fameux réchauffement de la terre, sur lequel nous aurons l'occasion
de revenir, est source de dérèglements climatiques considérables. Pour
protéger vos plis et notamment ceux qui iront jusqu'au pôle Nord géographique
(environ à 100 km de la base de Barnéo), des sacs étanches sont prévus.
Ils sont indispensables pour les protéger de l'humidité et de fortes bourrasques
de neige potentielles. Cette opération postale est l'occasion pour certains
lecteurs de découvrir ce vaste territoire qu'est le cercle polaire et
de nombreuses questions m'ont été posées. Si les réponses sont évidentes
pour les spécialistes, les questions sont on ne peut plus légitimes car
on ne peut pas tout connaître. Le cercle polaire tout d'abord. Il se définit
comme la zone où le soleil ne franchit plus l'horizon aux solstices. Il
ne se couche donc pas le 21 juin et ne se lève pas le 21 décembre. Cela
s'explique par l'inclinaison de l'axe de rotation de la terre face au
soleil. Les régions de l'arctique sont celles où la température ne dépasse
pas les 10° C. Dans ce grand cercle se trouve l'océan Glacial Arctique.
Si des populations vivent au delà de la limite du cercle polaire, personne
ne vit dans la région du pôle Nord. C'est matériellement impossible à
commencer par le fait qu'il n'y a pas de terres et que nous sommes au
centre d'un océan en mouvement permanent, c'est la dérive arctique. Pour
simplifier, la base de Barnéo est montée sur un " gros glaçon " de l'ordre
de trois mètres d'épaisseur en avril. Il bouge au gré des courants maritimes
et du vent. La banquise se fracture périodiquement et laisse apparaître
des zones d'eau libre, y compris durant la période où je m'y trouverai.
La banquise est un chaos permanent où s'entrechoquent d'immenses plaques
de glace. Voilà pourquoi la base de Barnéo est refaite chaque année sur
un nouveau glaçon, toujours proche du Pôle afin de faciliter les expéditions
vers ce lieu mythique. La dérive arctique a fait l'objet de nombreuses
études et expérimentations. L'une des dernières est celle de Jean-Louis
Etienne en 2002 qui s'est laissé dériver à bord de son Polar Observer
(une petite capsule posée sur un glaçon !) du pôle Nord vers le Groenland.
Vous pouvez revivre cette aventure passionnante en consultant son site
www.jeanlouisetienne.fr Bonne nouvelle, les timbres russes devraient nous
parvenir la semaine prochaine. L'ultime préparation des enveloppes va
enfin commencer. En revanche, se pose le problème habituel des excédents
de bagages pour l'avion. Il faut en effet que je transporte les enveloppes,
les vêtements polaires mais également du matériel vidéo. Car je suis à
présent bien décidé à vous ramener un film sur le périple de vos enveloppes,
lequel sera proposé en DVD. Nous aurons l'occasion d'en parler la semaine
prochaine. A bientôt.
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| Vendredi
24 mars |
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Montée de stress
Nous avions voulu de belles enveloppes avec beaucoup de timbres de Russie
aussi nous souhaitions les obtenir rapidement pour les préparer.
Le travail en amont est important. Ils viennent juste de nous parvenir
et toute l'équipe se mobilise pour les apposer. Gros travail en
perspective et nous attendons un nouvel envoi de timbres de nos amis russes
car la commande initiale n'est pas suffisante. Déjà je me
demande si nous en aurons finalement assez mais en cas de problème
nous puiserons sur nos stocks mais avec d'autres vignettes. L'idée
est de satisfaire toutes les demandes dans la mesure du possible. S'agissant
du timbre de Monaco, il nous est parvenu en temps et en heure, tout comme
les timbres norvégiens et du Svalbard que j'apposerai sur place.
Compte tenu du nombre d'enveloppes à emporter vers ces destinations
mythiques, le problème de mes excédents de bagages se pose
avec acuité. A ce jour le matériel à emporter dépasse
les 90 kg et je suis seul à les porter. Nous allons trouver des
solutions mais à l'approche du départ, le stress est bien
présent.
Le matériel vidéo s'alourdit de jour en jour car je compte
bien filmer le périple de vos enveloppes. Un DVD devrait être
disponible courant novembre, lequel retracera nos expéditions à
Clipperton, au pôle Nord, au Spitzberg et en Guyane. J'aurai le
plaisir de vous présenter les premières images au salon
du Parc floral à Vincennes en juin prochain. La réalisation
d'un film n'est pas évidente au Pôle car les têtes
de lecture de la caméra peuvent rapidement geler. Je suis en train
de confectionner des housses de protection afin d'éviter ce type
de problème, semble-t-il assez fréquent. Des reporters vont
me prodiguer quelques conseils bien utiles, basés sur leurs expériences.
Face au grand froid, il va falloir également trouver des solutions
pour enclencher la caméra sans retirer mes multiples gants et moufles
et éviter que mes doigts ne gèlent ! Côté équipement
vestimentaire, je me suis enfin décidé à m'y intéresser.
Je vous laisse découvrir en image la tenue de combat !
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| En tenue de ville
à côté d'Eric |
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L'équipement grand froid qui sera complété par les
vêtements prêtés par l'armée russe.
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| Vendredi
31 mars |
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L'ours, le gardien du Pôle
On les rencontre régulièrement sur la base de Barnéo.
Ils représentent un réel danger ce qui explique qu'au pôle
Nord comme au Svalbard on soit armé. Bien que certaines races d'ours
brun atteignent la taille de l'ours polaire, ce dernier demeure en moyenne
le plus grand des ursidés et des carnivores. Sa taille est impressionnante
: une longueur de 1,2 à 1,5 m et une hauteur au garrot de 1,2 à
1,4 m. Quant au poids, il va de 150 à 500 kg. Les mâchoires
sont puissantes et les canines mesurent 3 à 4 cm. Son pelage abondant
et une épaisse couche de graisse lui permettent de supporter sans
aucune difficulté des températures de - 40 °. La chaleur,
il n'aime pas mais son corps est remarquablement bien adapté à
toutes les situations. Ainsi pour se ventiler et perdre de la chaleur,
l'ours dispose de coussinets plantaires au niveau desquels se trouvent
des glandes sudoripares. Il est sédentaire ou migrateur, solitaire
ou grégaire selon les saisons et les lieux. Il se nourrit principalement
de phoques. Classé dans les mammifères marins où
dans les mammifères terrestres, nul doute qu'il s'accommode de
biens des situations. Il peut courir jusqu'à 40 km/h, nage à
5-6 km/h et peut rester en apnée jusqu'à 3 mn. La période
de reproduction est principalement en avril et après une période
de gestation de 7 à 8 mois, l'ourse met au monde en moyenne deux
petits. Sa longévité peut aller jusqu'à 30 ans et
ses rares prédateurs sont l'orque, le loup (pour les jeunes) et
l'homme qu'il craint peu.
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| Vendredi
7 avril |
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Départ demain pour le Spitzberg !
Ultimes préparatifs aujourd'hui à Timbres magazine avec les derniers
timbres à coller et la vérification de l'équipement. Une expédition au
pôle Nord laisse peu de place à l'improvisation. Cela vaut pour les enveloppes,
le matériel vidéo soumis à rude épreuve et les vêtements. Il faut penser
à prendre les affaires nécessaires sans lesquelles tout devient vite un
enfer comme les multiples paires de moufles et de gants. Pour filmer je
vais devoir être à mains nues quelques instants pour enclencher la caméra
mais il faut prendre garde car en très peu de temps la peau gèle, tout
comme des doigts chauds risquent de se coller sur une caméra glacée !
J'ai rencontré récemment un spécialiste des régions arctiques qui revenait
du Groenland avec les doigts de pied gelés, malgré l'expérience... Bref
on ne plaisante pas là haut et les personnes qui connaissent bien le Pôle
m'ont incité à prendre beaucoup de précautions. Dans cet immense désert
blanc, l'homme n'a pas sa place. Le temps est devenu très clément au Spitzberg,
la température à Longyearbyen étant ce vendredi de - 1° très largement
au dessus des normales saisonnières (- 10°). Elle était de - 20 à - 30°
les semaines passées. Un fort vent du sud en est sans doute un élément
d'explication. Au pôle Nord les conditions de visibilité sont franchement
mauvaises selon mes renseignements. Cela complique le pilotage tant de
l'Antonov 74 que des hélicoptères, la banquise ne se distinguant pas du
ciel. Mon départ dimanche du Spitzberg pour la base russe de Barnéo pourrait
être repoussé. L'aventure à la veille du départ prend corps et je n'oublie
pas que l'idée m'était venue l'année dernière en discutant avec Jean-Louis
Etienne à Clipperton. Nous étions sous la paillasse du mess dénommé "
Bar des fous ". Il faut effectivement l'être un peu pour aller au pôle
Nord, le premier explorateur de nos contrées à y avoir pensé est un Grec
de Marseille, dénommé Pythéas. On le traite d'illuminé et de menteur lorsqu'il
annonce son intention d'explorer l'Europe boréale. Peu sensible aux critiques,
ce grand explorateur de l'Antiquité prend la mer, franchit Gibraltar et
remonte vers le nord. A l'issue d'un long périple, il parvient à une terre
" où les nuits sont lumineuses en été, continues en hiver, et où il
arrive que le soleil ne se couche pas ". Jusqu'où est-il parvenu ?
Les historiens sont divisés sur le sujet mais qu'importe, Pythéas de Marseille
est bel est bien le premier explorateur polaire dont on ait trace, nous
sommes au IV siècle avant J.C. Huit cents ans plus tard, un ouvrage mentionne
un " château de cristal flottant " une façon poétique d'évoquer un iceberg.
Dans cette aventure polaire, les Vikings joue un rôle important à commencer
par Ottar qui traverse le cercle polaire arctique. Vers 870, il dépasse
la Scandinavie et fait cap à l'est pour se rendre dans la mer de Barents
puis arrive dans la fameuse mer Blanche. D'autres voyages conduiront les
Vikings jusqu'en Islande. Le fougueux Erik Raude, plus connu sous le nom
d'Eric le Rouge, explore quant à lui le Groenland qu'il nomme la Terre
Verte. Des colonies semblent y prospérer pendant près de 500 ans puis
elles disparaissent dans des circonstances encore inconnues aujourd'hui.
On imagine les terribles conditions dans lesquelles voyagèrent ces hommes
tout comme pour ceux qui tenteront d'atteindre le Pôle bien plus tard
et qui ne peuvent que forcer l'admiration. Les moyens conventionnels pour
s'y rendre aujourd'hui ont singulièrement changé mais un voyage au pôle
Nord demeure toujours une aventure. Si la technique fonctionne et que
la météo est bonne, je vous donne rendez-vous lundi prochain. Je serai
je l'espère à Barnéo qui se situe actuellement - et compte tenu de la
dérive arctique - à seulement 52 km du Pôle. A bientôt et un grand merci
à tous ceux qui se passionnent pour cette opération postale. Nul doute
que vos encouragements me réchaufferont une fois sur place !
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| Le matériel prend une place considérable. Ici une petite partie. |
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| Pour protéger la caméra du froid, rien de tel qu'une housse polaire. |
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