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Gauthier Toulemonde
Le journal de bord 
de Gauthier Toulemonde 
Mardi 24 janvier
 


La date de départ est confirmée

Le hasard du calendrier fait que je dois réaliser le même mois une expédition au pôle Nord et une en Guyane. Je me suis arrangé pour débuter par le Pôle, préférant nettement passer du froid au chaud. Sur le "toit du monde", la température est de l'ordre de –30° alors que pour la Guyane, elle avoisine +30°. Un écart de 60°, ce qui n'est pas rien ! Une visite chez le médecin serait une bonne chose car les précautions à prendre et les médicaments à emporter diffèrent singulièrement d'une région à l'autre.
La préparation de l'opération postale est en bonne voie et nous finalisons les timbres personnalisés avant de passer commande à La Poste. Ils ont de l'allure et la thématique "timbre sur timbre" est attrayante. De beaux timbres donc et en plus un logo très réussi signé Pierre Albuisson. C'est une manière de rappeler aux philatélistes le travail des artistes, réunis dans l'association Art du timbre gravé.
La date de départ est fixée au 24 avril prochain. La remontée du fleuve devrait prendre une semaine. Mon correspondant en Guyane m'a prévenu que l'on était en permanence trempé. Il faut donc prévoir un ou plusieurs caissons étanches pour protéger les enveloppes.
Autre aspect technique à régler, celui de la liaison par téléphone satellitaire à iridium. C'est un outil indispensable pour assurer la chronique quotidienne sur Internet car il ne faut pas espérer trouver un ordinateur ou une ligne téléphonique dans les villages où je vais passer.

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Jeudi 16 février
 

A voir uniquement en timbres de préférence


J'ai reçu ces derniers temps quelques e-mails me mettant en garde concernant les espèces de serpents à ne pas fréquenter de près. Il est vrai que la forêt amazonienne regorge de ces créatures dont on ne ferait pas forcément des animaux de compagnie. Cela dit, il est très rare de rencontrer un serpent dans la jungle et votre seule approche suffit souvent à le faire fuir, sauf si il est surpris.
La Guyane compte de nombreuses espèces de serpents avec notamment :

L'anaconda. C'est le plus grand serpent du monde. Il appartient à la famille des boïdaes qui comprend les boas et les pythons. Il mesure en moyenne 6 mètres et peut peser jusqu'à 100 kilos. Ce serpent aquatique a la particularité d'enserrer sa proie dans ses anneaux puis de la tuer en l'étouffant.

Le boa constricteur. Ce serpent terrestre et semi-arboricole mesure 4,5 mètres. Lorsqu'il est affamé, le boa constricteur sait se camoufler et se faire passer pour une branche morte. Il se suspend à une branche à laquelle il enroule sa queue et attend sa proie.

La boa émeraude (Corrallus caninus). Il faut se méfier des animaux qui arborent de jolies couleurs, ils sont souvent dangereux. C'est le cas du boa émeraude qui est agressif et mord assez facilement l'homme. Nocturne et arboricole, il faudra que je fasse attention lorsque j'installerai mon hamac entre deux arbres pour la nuit !

Le boa de Cook. On le dit irascible lorsque l'on tente de le capturer. Drôle d'idée me direz-vous mais cet animal nocturne a parfois le mauvais goût de loger dans les greniers.

Le grage grands carreaux (Lachesis mutus).
Avec ses 2,5 mètres de long, il impose le respect. Cela tombe bien car la toxicité de son venin peut être mortelle pour l'homme.

Le grage petits carreaux (Bothrops brazili).
Lui aussi est potentiellement mortel et agressif mais il ne cherche pas la présence de l'homme. Sa nourriture favorite est constituée de petits mammifères et d'oiseaux.

Le fer de lance (Bothrops atrox). Assez commun en Guyane, il est à coup sûr le plus dangereux. Le fer de lance se nourrit d'oiseaux, de mammifères, de lézards et d'amphibiens. On peut le rencontrer en zone urbaine où il n'hésite pas à attaquer l'homme.

Le crotale (ou serpent à sonnettes). Potentiellement mortel avec son venin neurotoxique et hémotoxique, il a toutefois la bonne idée de prévenir quand on le dérange en faisant vibrer sa sonnette.

Le corail (Micrurus). On trouve en Guyane plusieurs espèces de ce magnifique serpent qui se distinguent par la forme et la couleur des anneaux. Terrestre mais aussi excellent nageur, il se nourrit principalement de poissons. Il est particulièrement dangereux.

Le faux corail (Anilius scytale). Assez fréquent en Guyane, c'est un très beau serpent avec des anneaux rouge-orangés et noirs.

Les serpents ne sont pas la thématique la plus prisée car elle peut rebuter. Elle est pourtant passionnante mais en revanche toutes les espèces de Guyane ne sont pas faciles à réunir. Bonne chasse !

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Vendredi 3 mars
 

L'engouement pour les timbres personnalisés


A la lecture des catalogues, on sait qu'ils connaissent un succès grandissant et que leur cote est assez sympathique. A l'annonce de la sortie de nos timbres personnalisés pour l'expédition en Guyane, nous avons reçu de nombreux appels téléphoniques et des e-mails. Il semble qu'en plus des plis de Guyane - dont le principal intérêt réside dans les oblitérations de cette poste fluviale - vous souhaitiez vous procurer des timbres à l'unité. Nous venons de les recevoir et je dois dire qu'ils sont réussis. Ils ont logiquement leur place dans la thématique " timbres sur timbres " et complètent la collection de Guyane. Dans l'immédiat, nous les réservons pour les plis que j'emporterai. S'il nous en reste (le tirage est volontairement limité), nous les mettrons en vente sur le Net et dans le magazine. La réalisation de ces timbres personnalisés est une bonne idée d'Eric Bélivier qui travaille à la préparation de vos enveloppes. A l'approche du départ, ce sont d'autres membres de l'équipe qui vont intervenir. Michel Melot tout d'abord - grand spécialiste de la philatélie - mais aussi conseiller incontournable pour les aspects techniques liés à la photo et à la vidéo numérique. J'espère en effet vous présenter au Salon du parc floral à Vincennes le film de cette expédition en forêt amazonienne et pourquoi pas réaliser un DVD pour l'occasion. Il comprendrait également les expéditions à Clipperton, au pôle Nord et au Spitzberg. Nous évoquions dans le magazine la rareté des plis de l'Inini, en voici quelques-uns qui ne manquent pas d'attraits.

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Vendredi 10 mars
 

Donnez votre avis

Mon objectif avec cette chronique sur le site de Timbres magazine est de vous faire vivre cette expédition postale, de sa préparation jusqu'à son aboutissement. L'idée est aussi que le site vous permette de savoir ce qu'il advient de vos plis que vous nous avez adressés durant l'expédition. A la façon des lettres suivies, vous pourrez connaître leurs parcours au jour le jour à partir à partir du 24 avril prochain. Comme je l'évoquais la semaine dernière, je pense réaliser un reportage sous forme de DVD, lequel vous permettrait de mieux visiter le fleuve Maroni, ses difficultés de navigation mais également entendre les bruits extraordinaires de la forêt amazonienne. L'idée de réaliser un film me séduit beaucoup mais j'aimerais bien connaître votre opinion. Est-ce que cela vous plaît ou au contraire vous laisse totalement indifférent ? De mon point de vue, la philatélie doit à présent utiliser des moyens complémentaires de communication, venant se rajouter à la presse écrite, pour mieux se faire connaître et apprécier. Internet est un de ces moyens nouveaux mis à la disposition de notre passion pour l'enrichir et la relayer, le DVD en serait un autre.
Merci de me faire part de votre opinion : dans la rubrique " communiquer ", cliquez sur " le directeur de la publication " pour m'adresser un mail.
A vous lire chers amis.

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Vendredi 17 mars
 

Jusqu'à 160 coups de langue
par minute !

L'un des charmes de la Guyane est de pouvoir rencontrer une faune très variée. Parmi les espèces peu communes et protégées, le tamanoir qui fait son apparition sur les timbres de Guyane française en 1904. Il appartient à la famille des myrmécophagidés qui comprend trois espèces que sont le grand fourmilier, le tamandua et le fourmilier nain. Les deux premières espèces se rencontrent en Guyane. La répartition géographique du tamanoir va du sud du Mexique jusqu'au Paraguay. Le grand tamanoir a généralement son habitat en forêt et vit dans des troncs d'arbres creux ou des terriers réalisés par d'autres animaux. Il est également possible de le voir en plaine et dans les zones marécageuses, car le tamanoir est un excellent nageur capable de traverser des fleuves. Totalement dépourvu de dents, il attrape la nourriture avec sa langue particulièrement longue et fort bien adaptée pour capturer des fourmis et des termites. Cet animal a un fort bon appétit et consomme quotidiennement quelque 35 000 fourmis et peut donner jusqu'à 160 coups de langue à la minute ! Bien que gourmand, le tamanoir est malin et sait se restreindre. Il ne vide jamais complètement une fourmilière ou termitière afin d'éviter l'extinction de sa source d'alimentation. Pour chercher sa nourriture, il s'aide de son odorat qui est quarante fois plus sensible que celui de l'homme.
Le grand tamanoir atteint 1 mètre de long et 60 cm à l'épaule. Les membres antérieurs disposent de trois grands ongles (le troisième atteint 10 cm) et les pattes postérieures ont cinq ongles. Ils lui servent à casser les murs de boues qui protègent ses chères fourmis et insectes mais également à se défendre de prédateurs comme les félins.
Le tamandua est de la taille d'un gros chat et vit dans les arbres. Son museau est allongé mais beaucoup plus court que celui du grand tamanoir. Son pelage est jaunâtre avec de grands anneaux noirs autour du cou et jusqu'aux épaules.
Les tamanoirs donnent naissance à un seul petit après une gestation de six mois. Le jeune est porté sur le dos de la femelle pendant plusieurs mois.

  >Zoom Fourmilier
Vendredi 24 mars
 

Vers un second tirage ?

C'est à présent une certitude, le premier tirage de nos timbres personnalisés de Guyane servira uniquement aux enveloppes que je vais vous poster. Vous avez été nombreux à nous écrire pour obtenir les timbres à l'unité. Cela ne sera possible qu'en réalisant un nouveau tirage que nous envisageons sérieusement. Ces timbres pourraient être imprimés en même temps que ceux dédiés à l'expédition de l'année dernière à Clipperton. J'ai le plaisir de vous les présenter en exclusivité sur Internet. Ils sont les premiers timbres personnalisés français de cette île mythique et un bel hommage à cette terre oubliée de la métropole. Je pense qu'ils feront notamment plaisir aux amateurs de notre thématique des " Iles de la France d'Outre-mer ".
La Guyane n'est pas une île mais elle prend l'eau. Des nouvelles incitent à la prudence s'agissant de la protection des enveloppes. Les pluies ont été particulièrement abondantes cette semaine et nous ne sommes pas encore à la pire saison qui est en avril, mois de l'expédition ! Bonne nouvelle, les sacs étanches sont à présent achetés ainsi qu'une housse spéciale pour les caméras. Le scénario du DVD est à présent écrit qui mettra l'accent sur l'histoire postale, le parcours de vos enveloppes ainsi que sur la nature. Elle est en danger mais j'espère vous en montrer sa magnificence en la parcourant avec les Amérindiens. J'ai la chance de pouvoir pénétrer dans leur zone de protection. Je profite de cette occasion pour remercier chaudement la personne qui va me permettre d'y accéder et qui se reconnaîtra dans cette chronique.

  Timbres personnalisés Clipperton
Vendredi 31 mars
 

Ayez l'oeil !

Comme nous l'avons évoqué dans Timbres magazine, le courrier de Guyane est rare. Soyez donc attentif et tout particulièrement pour les timbres oblitérés sur fragments. Avec un peu de chance, vous pouvez mettre la main sur un timbre de Guyane. Les premières lettres de Guyane datent du XVIIIe siècle et sont rarissimes car les communications étaient peu fréquentes. Le courrier transitait via la Martinique ou par les paquebots anglais. Aucune marque ne permet de savoir que le pli vient de Guyane à moins d'en lire le contenu. Il faut attendre août 1819 pour que soit créée une poste à Cayenne. Une marque linéaire " GUYANE FRANCAISE " apparaît sur le courrier à partir de 1820. Elle est plus rare en rouge qu'en noir. En 1852 c'est un cachet ovale " POSTE AUX LETTRES/ de CAYENNE/ GUYANE FRANCAISE " qui entre en piste et ce jusqu'en 1858. Cette marque est apposée sur les lettres mais n'est pas utilisée comme un cachet oblitérant. Sur la période 1860-80 est mis en service le " Carré de Guyane ". Son utilisation coïncide avec l'arrivée des types Aigle. Il se compose de huit fois huit points ronds (18 mm de côté). Souvent, il manque un point dans le coin. Un cachet à date de diamètre plus petit que le précédent (23 mm) apparaît un peu plus tard. Il comporte des étoiles au lieu de fleurons. On le rencontre comme cachet oblitérant sur les émissions au type Cérès, Sage et Alphée Dubois. L'ouverture le 1er janvier 1888 de seize bureaux de poste dans la colonie a pour conséquence la mise en service de petits cachets comparables à ceux de la métropole. Voici la liste de ces bureaux qui sont rares et difficiles à trouver bien frappés : Approuage, Iles du Salut, Iracoubo, Kaw, Kourou, Macouria, Mana, Matoury, Montsinéry, Oyapock, Remire, Les Roches, Roura, Sinnamary, Saint-Laurent-du-Maroni et Tonnégrande. D'autres bureaux apparaîtront plus tard : Saint-Laurent-du-Maroni, Mont-Joly, Montagne d'argent, Ouanary et Regina. A rechercher également, les cachets " Correspondance d'Armées ". On connaît quatre cachets pour la Guyane : Cayenne (plusieurs types de cachets), Saint-Laurent, Saint-Jean et Les Roches. Les trois derniers sont particulièrement rares. Partant pour le pôle Nord le 8 avril prochain, cette chronique ne reprendra que le 21 avril prochain. Dès le 24 débutera le journal au jour le jour qui vous permettra de savoir où sont vos plis et de découvrir de nouvelles facettes de la Guyane.

 

Deux oblitérations d'Oyapock. A noter l'absence de
" K " sur l'une d'entre elles.

La première marque de Guyane, celles en noir
sont plus rares.

Vendredi 21 avril
 

Dernières informations avant le départ

L'Inini, voilà un nom que les philatélistes connaissent bien. Ce territoire fut créé en 1930 et comprenait la majeure partie de l'intérieur de la Guyane. Il est à l'origine de la création de timbres surchargés qui apparaissent en 1932, la dernière émission datant de 1944. Comme nous l'indiquions dans le Timbres magazine de février dernier, le courrier de l'Inini - bien que récent - était peu fréquent et donc très recherché aujourd'hui par les collectionneurs. Le plus important bureau de l'Inini était Saint-Elie, venant devant Port-Inini en terme d'importance. Deux bureaux itinérants ont également fonctionné pour les secteurs du Centre et de l'Ouest ; inutile de dire que ces courriers sont de grandes raretés.
L'Inini est aussi un affluent du fleuve Maroni. Il coule dans une région particulièrement sauvage que je souhaite vous faire découvrir dans un reportage qui sera publié dans le magazine et sous forme de DVD. Pour cette raison, le programme de l'expédition postale est modifié. Vos courriers partiront de Saint-Laurent-du-Maroni dimanche prochain par pirogue. Je la retrouverai le lundi et l'expédition au lieu de remonter le Maroni, le descendra. Les premiers plis seront donc oblitérés à Maripasoula mais auparavant, nous irons dans la zone réservée aux populations amérindiennes mais là, il n'a pas encore de bureau de poste.
Durant toute la semaine prochaine, vous pourrez suivre le périple de vos courriers. Compte tenu du décalage horaire (moins 5 heures à cette époque), le journal de bord sera mis en ligne le lendemain. Celui du lundi 24 avril sera donc sur vos écrans le mardi.


 
 

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