L’Estado Novo Europe, Pays P-Z, Portugal

Portugal Volume II

La première république portugaise fut suivie par une dictature militaire, la “Ditadura Nacional“, de 1926 à 1933. C’est le général Manuel Gomez da Costa qui, le 28 mai 1926, prit le pouvoir, investissant Lisbonne et mettant fin aux activités politiques normales. Sous le joug autoritaire de Salazar le pays dut attendre 1974 et la révolution des Œillets pour que soit restaurée la démocratie.
Les timbres témoignent.

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Après une lutte à l’intérieur même de l’armée, Manuel Gomes da Costa fut écarté dès le 9 juillet 1926 et remplacé par le général António Óscar Carmona, (1869–1951), l’homme fort de la “Ditadura Nacional “de 1926 à 1933 1 à 11. Chef du gouvernement dès le 9 juillet 1926 et jusqu’en 1928, il fut nommé président provisoire la même année 1926. Il fut officiellement élu à la présidence en 1928, et garda ce titre jusqu’à sa mort en 1951, bien que dès 1933, la présidence était plutôt une fonction honorifique, le véritable pouvoir étant concentré entre les mains de Salazar.

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Après la mort de Carmona, Salazar lui–même assuma la présidence pendant quelques semaines, avant de céder la place à Francisco Craveiro Lopes, qui, tint cette charge de 1951 à 1958. Américo Tomás lui succéda en 1958. 12 à 16

Américo Tomás (parfois écrit Thomaz) est né à Lisbonne en 1894. Ministre de la marine en 1944, il fut élu président de la république en 1958, et réélu en 1965 et 1972, chaque fois lors d’élections plus que douteuses.

Pendant cette période, le Portugal était dirigé par le régime autoritaire de Salazar et le président de la république n’avait qu’un rôle de figuration. Tomás n’utilisa qu’une seule fois ses prérogatives présidentielles : pour démettre Salazar quand, en septembre 1968, suite à un accident vasculaire cérébral, il fut dans l’incapacité de gouverner. Tomás nomma Marcello Caetano comme premier ministre en remplacement de Salazar. Il prit alors un rôle beaucoup plus actif dans le gouvernement et devint le point de ralliement des durs du régime qui trouvaient que même les réformes cosmétiques de Caetano allaient trop loin.

Quand la Révolution des œillets déposa Caetano le 25 avril 1974, Tomás fut également renversé et envoyé en exil au Brésil jusqu’en 1980 où il revint au Portugal. Il mourut à Cascais en 1987.

Le régne de Salazar

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L’homme fort du Portugal, de 1928 à 1970, était António de Oliveira Salazar, né en 1889 17 et 18. Il fit d’abord ses études au séminaire, mais renonça à entrer dans les ordres pour s’orienter vers le droit. Il commença sa carrière comme professeur d’économie politique à l’université de Coimbra en 1916.

En 1926, une dictature militaire ayant mis fin au régime républicain, le pays connaissait une crise économique et financière sans précédent. Le nouvel homme fort du régime, le général Carmona, proposa déjà en 1926 à Salazar le poste de ministre des Finances, mais Salazar déclina l’invitation, ne recevant pas les pleins pouvoirs pour opérer une politique de redressement.

En 1928, la situation étant devenue catastrophique, Carmona dut accepter les conditions de Salazar, qui devint ministre des Finances avec pleins pouvoirs en matière budgétaire.

Salazar réussit l’exploit de procéder à un redressement économique spectaculaire : rétablissement de l’équilibre budgétaire et stabilisation de la monnaie, l’escudo.

Devenu indispensable, le président Carmona le nomma en 1932 premier ministre, tout en conservant le portefeuille des Finances. Salazar allait rester premier ministre jusqu’en 1968 !

Consolidant le régime autoritaire, il présenta en 1933 une nouvelle constitution, qui devait mettre fin à la dictature militaire et introduire l’Etat Nouveau, en portugais l’Estado Novo.

Cet Etat Nouveau était un régime politique nationaliste, proche de l’idéologie fasciste de Mussolini mais moins totalitaire et moins basé sur le culte de la personnalité. L’État Nouveau est surtout fondé sur le catholicisme et l’anti-communisme.

Les syndicats et la presse indépendante furent abolis ainsi que toute opposition politique, dissidence ou autre institution hostile. Il créa le parti unique, l’Union Nationale, sur lequel il s’appuyait et il favorisa l’église catholique et les corporations pour prendre le contrôle de la société portugaise. En économie, Salazar imposa, surtout à partir de 1933, un régime corporatiste.

Durant la guerre civile d’Espagne, il accorda son soutien à Franco. Malgré ses sympathies très poussées à droite, il parvint à maintenir le Portugal dans la neutralité pendant la Deuxième Guerre mondiale. D’un côté, il fit mettre les drapeaux en berne à l’annonce de la mort d’Hitler, mais d’un autre côté, il accepta la venue de plus de 100 000 Juifs au Portugal, qui échappèrent ainsi à l’holocauste. Il permit aussi aux Alliés d’installer une base militaire aux Açores. Il cumulait à cette époque les portefeuilles de premier ministre, des Finances, de la Guerre et des Affaires étrangères !

En 1949, le Portugal intégrait l’OTAN. Défenseur d’une politique colonialiste, alors que le reste des nations européennes décolonisait progressivement, il s’opposa à toutes les tendances d’autodétermination des colonies portugaises, et il mena une guerre coloniale coûteuse et impopulaire pour garder la mainmise du Portugal sur ses colonies, en premier lieu l’Angola et le Mozambique. Cette guerre ne s’achèvera qu’en 1974, avec la révolution du 25 avril.

L’isolement international que cette politique engendra, provoqua une période de récession économique et culturelle du Portugal, à partir de 1958.

En 1968, il dut renoncer au pouvoir en raison d’une hémorragie cérébrale. Très diminué, il fut remplacé par Marcello Caetano, bien que Salazar, ayant été nommé premier ministre à vie, continuât à être nominalement à la tête du pays. Il mourut en 1970. En 2007, il fut élu à une écrasante majorité «Plus Grand Portugais de tous les temps».

Marcello Caetano (1906–1980) était un professeur de droit qui avait fait sa carrière à l’ombre de Salazar. Promu à la tête du gouvernement en 1968, il n’avait pas l’envergure de son prédécesseur pour museler l’opposition, qui devenait de plus en plus remuante suite à l’affaiblissement et l’isolement international du Portugal engendrés par la ruineuse politique colonialiste de Salazar. Il fut renversé par la révolution des œillets, le 25 avril 1974, et dut s’enfuir au Brésil où il mourut en 1980.

25 avril 1974 : La révolution des œillets

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L’histoire du Portugal moderne commence le 25 avril 1974, avec la révolution des œillets. 19 à 25

Cette révolution a entraîné la chute de la dictature salazariste, qui dominait le Portugal depuis 1933. La fin de ce qui était appelé “l’Estado Novo“ a permis aux dernières colonies portugaises de prendre leur indépendance.

Le régime vieillissant de Salazar, suivi de Caetano, paraissait ankylosé dans un monde en pleine mutation culturelle et intellectuelle. Les révoltes des colonies africaines forçaient le régime à investir de plus en plus d’énergie dans une vaine guerre de pacification visant à garder la mainmise du Portugal sur les restes de son empire colonial.

L’armée se rendait compte de l’impasse où le pays était engagé, et dans son milieu naquit au début des années 1970 le M.F.A. (Movimento das Forças Armadas), dont le but était l’arrêt immédiat des guerres coloniales. Son chef était le capitaine Otelo Saraiva de Carvalho.

En février 1974, le général António Spínola, qui était très favorable au M.F.A., fut limogé. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase, et le 25 avril 1974, les forces de ce mouvement s’emparèrent des points stratégiques. La foule suivit le mouvement, et le soir même, la révolution triomphait partout. Il n’y eut au total que six morts parmi les rares membres de la police politique PIDE qui tentèrent de résister.

Le nom de Révolution des œillets vient du fait que les soldats de Lisbonne mettaient un œillet, reçu au marché aux fleurs, dans le canon de leur fusil.

Le lendemain, le général António Spínola annonça la formation d’une junte de salut national, ayant pour but la remise du pouvoir aux civils et l’instauration de la politique des trois «D»: démocratiser, décoloniser et développer.

Les dirigeants des partis politiques en exil purent dès lors rentrer triomphalement au Portugal : le socialiste Mário Soares le 29 avril et le communiste Alvaro Cunhal le 30.

Le 25 avril 1975, exactement un après la Révolution des œillets, des élections générales se déroulèrent au Portugal, afin d’élire un parlement qui devait se réunir en assemblée constituante.

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Le 2 juin 1975 eut lieu l’ouverture de ce parlement, qui se mit aussitôt au travail pour élaborer une nouvelle constitution. 26 et 27

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Dès le 31 mars 1976, les travaux de l’assemblée étaient terminés, et la nouvelle constitution votée dès le 2 avril 1976. 28

 

Guy Coutant

L’Estado Novo
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