Salade de fruits Autres spécialités, Expression française, Pays de P à Z, Polynésie-Française, Thématiques

Une

Les fruits exotiques participent largement à la réputation des pays où ils poussent et il est normal qu’ils figurent en bonne place en timbrologie, d’autant plus qu’ils sont souvent accompagnés d’histoires, légendaires ou réelles, qui peuvent en rehausser l’intérêt (si ce n’est le goût !). Pour vous mettre en appétit démonstration avec cet assortiment polynésien.

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158Beslu044 Ce timbre, montrant pourtant une agréable préparatrice
de coprah en plein ouvrage, fut retiré de la vente sur plainte de la dame
qui se trouvait trop déshabillée. Il devint, bien évidemment, un des plus recherchés de Polynésie.

 On prête d’innombrables utilisations à l’arbre providentiel qu’est le cocotier, à son bois, ses feuilles et bien sûr, aux noix dont la chair et l’huile entrent dans une infinité de produits, la coque elle-même se prêtant à nombre d’utilisations 1 à 4.

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158Beslu088 Comme le cocotier, le pandanus est une plante autochtone, aux multiples racines en forme
d’échasses, qui pousse sur n’importe quel sol, en bord de mer comme en montagne. Comme lui, c’est un arbre
aux vertus multiples entrant autant dans l’utilitaire que dans la nourriture. Le fruit était d’ailleurs autrefois la base
de l’alimentation des habitants des atolls. Ils étaient consommés crus ou cuits au four de terre.
Les fruits d’un beau coloris rouge ou jaune vif continuent à être utilisés dans la confection des couronnes
et des guirlandes et entrent même encore dans l’élaboration de certains remèdes.

 Le uru, fruit de l’arbre à pain (maiore) est, lui, intimement lié à l’épopée de la « Bounty », le but principal de l’expédition de ce célèbre navire, commandé par le capitaine Bligh, étant en effet la collecte de plants de cet arbre dont le fruit devait contribuer à la nourriture des esclaves employés dans les plantations aux Antilles. On lui consacre de nos jours un festival 5 à 8.

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On ne compte plus le nombre d’espèces de bananes poussant en Polynésie. Les sauvages qui ne demandent aucun entretien couvrent le fond des vallées alors que de petites bananeraies s’éparpillent autour des habitations pour la consommation familiale et la vente, y compris les fe’i dont les régimes se dressent dans le prolongement du tronc et qui, une fois cuites, entrent dans la composition de nombreux plats (popoi) 9 à 12.

Les oranges de Tahiti sont particulièrement juteuses mais il faut maintenant les cueillir acrobatiquement haut dans la montagne, les arbres qui parsemaient les bords de mer et les entrées de vallées ayant quasiment disparu. Une légende veut que ceux qui parsèment le « plateau des orangers », dans le district de Punaauia, y aient été introduits via les déjections des indigènes rebelles qui s’étaient réfugiés dans les montagnes lors des guerres franco-tahitiennes.

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Tous les ans, au moment de la récolte, des groupes de « porteurs de fruits » se confrontent lors de courses épiques qui ont un grand succès auprès de la population. Les fruits portés sont surtout composés de régimes entiers de bananes et de gros filets d’oranges pendant à chaque extrémité d’un bambou porté alternativement sur chaque épaule et il vaut mieux ne pas se trouver sur le chemin du porteur au moment du changement d’épaule, lorsqu’il déboule de la montagne par des chemins à peine tracés 13 à 15.

A la fin du XIXe siècle, c’est par bateaux entiers que les oranges de Tahiti étaient exportées vers les Etats-Unis ; celles vendues aujourd’hui sur les marchés proviennent essentiellement de Californie…

Il semble que d’autres agrumes tels les citrons verts et les pamplemousses aient été introduits dans le pays lors de différentes expéditions européennes, dont celles de James Cook. Si les citrons sont petits, les pamplemousses sont énormes et extrêmement juteux, les deux sont très appréciés par la population.

L’île montagneuse de Moorea est couverte d’immenses plantations d’ananas, ce qui a d’ailleurs permis l’implantation de la plus importante usine à jus de fruits du pays.

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Introduit à Tahiti en 1848 par l’expédition du contre-amiral Le Goarant de Tromelin, le manguier fournit un des fruits préférés des Polynésiens qui les mangent crues, en sorbet ou cuites en confiture. Outre le tronc du manguier qui offre le meilleur des bois pour creuser des pirogues, il peut également entrer dans de nombreuses utilisations médicinales 16.

Les papayers sont originaires du Mexique et leur implantation en Polynésie se perd dans la nuit des temps. Les fruits sont globuleux et allongés ; leur chair juteuse, sucrée et parfumée. Ce sont les fruits les plus riches en vitamines A, B1, B2 et C. Ils sont généralement consommés en dessert, crus ou cuits (peo).

Les fruits de la passion apparaissaient autrefois un peu dans toutes les haies mais celles-ci ont malheureusement tendance à disparaître de nos jours devant d’horribles murs en parpaings… et les passions avec !

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 Bien qu’il soit difficile de la faire passer pour un fruit, la vanille de Tahiti accompagne la majorité des préparations fruitières et l’on peut aisément la joindre à cette thématique. D’ailleurs, lors de l’émission du carnet « spécial fruits » du 21 juillet 1999, la responsable du Centre philatélique de Papeete prit l’excellente initiative d’accueillir chaque client avec une coupe « salade de fruits » dans la composition de laquelle entraient aussi quelques gousses de vanille, les philatélistes se souviennent avec nostalgie de cette émission bénie 17 à 20.

Chistian Beslu

 

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