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Une

Deux thèmes : « Protégeons notre santé » et « La bière ». Une occasion pour les philatélistes de découvrir que les deux sujets ne sont pas incompatibles. A condition d’user du second avec modération.

01La bière est une boisson universelle. Son principe de fabrication simple (macération de grains dans l’eau, puis fermentation) est connu depuis la plus haute antiquité. Les Sumériens et les Egyptiens utilisaient l’orge, les Hindous et les Perses le soja, les Améridiens le maïs, les Africains le mil, en Extrême­Orient le riz et en Polynésie le kawa (sorte de poivrier) (1).

02-04C’est en Mésopotamie, il y a près de neuf mille ans, que l’ancêtre de la bière est apparu. De très anciens textes sumériens mentionnent l’existence de dix-neuf types différents de bière. W. Rollig, en 1970, signale qu’il a identifié soixante-dix espèces de bière produites en Mésopotamie. Ensuite, la bière gagne l’Egypte des pharaons (2) puis la Grèce (3) et Rome. Ces trois pays avaient fait de la bière leur boisson nationale. Avec l’invasion des Romains, la bière arrive en Gaule sous le nom de cervoise (4).

Un atout majeur, le houblon

Vers 1070, l’abbesse bénédictine de Bingen, en Rhénanie, sainte Hildegarde, décrit dans son magistral Liver scivius toutes les qualités du houblon et recommande son emploi dans la fabrication de la bière.

05Wenceslas 1er, roi de Bohême de 1230 à 1253, instaure la peine de mort pour quiconque exporterait des boutures de houblon. Plus tard, Jean sans Peur (1371-1419), duc de Bourgogne, crée l’ordre du Houblon, dont la mission consiste à en répandre l’utilisation. C’est ainsi qu’au XVe siècle l’emploi du houblon se généralise. La bière nouvelle est née (5).

06Les techniques de fabrication resteront longtemps artisanales. Il faut attendre le XIXe siècle et les travaux de Payen et Persoz (diastase du malt) en 1833, de Pasteur en 1859 (travaux sur la fermentation et la levure de bière) (6), de Buchner (découverte de la zymase, l’enzyme responsable de la fermentation) en 1897, les découvertes de la machine à vapeur, du froid industriel et de la pasteurisation, pour que les brasseurs obtiennent un produit de qualité.

07Depuis plus de trois mille ans, la valeur diététique de la bière a été reconnue, d ‘abord par les médecins babyloniens, qui la prescrivirent en tant qu’agent anti-contagion (7). Ensuite, par Hippocrate, le père de la médecine, qui la préconisait comme une boisson tout à la fois désaltérante, diurétique, non astringente et digestive, et l’administrait pour combattre certaines fièvres, notamment éruptives. Le caractère diététique de la bière a été reconnu dans le monde entier par de nombreuses sommités médicales et scientifiques. Hubert Guilpin a rédigé un important ouvrage exposant, sur la base de trois cents citations de médecins, professeurs et savants, l’action bénéfique de la bière sur la santé des bien portants et sur celle des malades. Dans l’ensemble, il résume ses propriétés diététiques comme suit :

– c’est une boisson agréable, rafraîchissante et digeste ;

– c’est un aliment précieux par ses apports d’éléments nutritifs divers, de calories, de sels minéraux, d’éléments oligo-dynamiques et de vitamines B ;

– c’est un tonique, également doté de propriétés sédatives.

En effet, d’après l’étude de sa composition nutritionnelle, la bière apporte comme bienfaits à l’organisme humain, entre autres choses :

-de l’énergie: glucides totaux, dextrines, maltose, acides aminés et alcool fournissent des calories ;

– des sels minéraux, dont certains sont très actifs sur l’ossification et l’entretien des cellules nerveuses : phosphore, calcium, potassium, magnésium, cuivre, manganèse, fer ;

– des vitamines : B1, B2, B6, PP, PCA et B12 auxquelles s’ajoute la biotine (vitamine H) provenant du houblon. Un litre de bière apporte 13 % des besoins quotidiens en vitamine B2, et 50 % en vitamines PP, B6, PCA et B12 ;

08- des protéines, des hydrates de carbone et des vitamines contenus dans la levure dont la valeur nutritive est très importante (8) ;

– la lupuline, qui provient du houblon, a une action sédative efficace sur le système nerveux.

Un demi-litre conseillé aux nourrices

La bière a donc une action reconnue sur :

– la croissance et l’ossification , grâce surtout au calcium, au fer et aux vitamines. De même, grâce aux protéines et aux sels minéraux, elle agit contre l’arthrose et les rhumatismes ;

09- la lactation, grâce entre autres aux vitamines du groupe B. La bière a toujours été conseillée aux nourrices à raison d’un demi-litre par jour (9) ;

10- la digestion. Les diastases, le gaz carbonique et l’alcool qu’elle contient, en petite quantité, activent la sécrétion des sucs digestifs et stimulent la motricité de l’intestin et de l’estomac (10). De plus, la bière est apéritive et utile dans le régime des anorexiques;

– la circulation. Grâce aux apports de la levure de bière, elle vivifie la circulation sanguine. La bière est utile

pour soigner certaines maladies de peau (acnés) et lutter contre les varices. Sa teneur en phosphates favorise le renouvellement du sang et des tissus.

– l’équilibre nerveux. La bière est un calmant qui n’intoxique pas. Le malt et le houblon (lupuline) en font un somnifère précieux ;

– l’amaigrissement grâce à son rôle diurétique (elle favorise les fonctions rénales plus que l’eau). La bière contient moins de calories que le vin et le jus de fruit. Elle nourrit moins et permet d’éliminer davantage. Elle accélère la désintoxication de l’organisme et accentue la diminution pondérale. Elle ne contient aucune forme de matières grasses.

1112La bière est un reconstituant efficace après un exercice violent. Toutes ces qualités énumérées ne doivent cependant pas faire oublier que la bière contient de l’alcool et que, malgré ses vertus, on doit toujours la consommer avec modération et ne pas abuser des mauvaises bières (11), pour rester en bonne santé (12).

Paru dans Le Monde de Philatélistes n° 494 – Mars 1995

 

 

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