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Le cinématographe Autres spécialités, Thématiques

Une

A la fin du siècle dernier, deux frères lyonnais, Auguste et Louis Lumière, inventent le cinéma. Méliès, Pathé, Gaumont, Linder… ont marché dans leurs traces pour peaufiner ce septième art. Flash-back.

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02En 1995, le cinéma a fêté ses cent ans. Le 28 décembre 1895, Antoine Lumière, venu de Lyon, présente au public parisien dans le salon indien du Grand Café, sur les Grands Boulevards, le cinématographe (1),l ‘invention de ses deux fils Auguste et Louis (2).

0304En 1888 aux Etats-Unis, Thomas Edison (3) cherche à fabriquer un appareil qui serait pour l’œil ce que le phonographe est pour l’oreille. Dans ses laboratoires de West-Orange, Edison invente le film et construit le kinétoscope. Depuis 1889, on peut se procurer sur le marché américain un nouveau support photographique souple et transparent fabriqué par George Eastman (4), en rubans d’une largeur de 35 mm.

L’invention fait le tour des capitales d’Europe

En 1894, Antoine Lumière et ses deux fils exploitent une usine de fabrication de plaques photographiques. Les jeunes industriels sont des chercheurs et se penchent sur la question des images animées. A Paris, chez un concessionnaire d’Edison, ils peuvent examiner des kinétoscopes dont ils s’inspirent pour la suite de leurs expériences. Ils adoptent la pellicule perforée de l’appareil américain. Mais reste le délicat problème de l’avancement du film. Vers la fin de l’année, Louis Lumière invente un système qui consistait à adapter aux conditions de la prise de vue le mécanisme connu sous le nom de « pied-de-biche » dans le dispositif d’entraînement des machines à coudre.

Dès juin 1895, des projections cinématographiques non payantes ont lieu à Lyon, à l’occasion du congrès des sociétés françaises de photographie. A partir de janvier 1896, une salle de cinéma permanente fonctionne dans la ville des inventeurs.

Le cinématographe fait bientôt le tour des capitales d’Europe. A Londres, après la première projection publique le 20 février 1896, au Royal Polytechnic Institute, le cinématographe s’installe à l’Empire Theatre, où il fait salle comble.

A New-York le 29 juin 1896, le public américain acclame l’appareil français.

Auguste et Louis Lumière décident, non pas de mettre en vente leur appareil, comme tous le leur demandent, mais de l’exploiter eux-mêmes en envoyant dans le monde entier des opérateurs chargés d’une double mission : tourner des films pour alimenter le répertoire du cinématographe et organiser des séances de projection en louant des salles. La demande est énorme et pressante, la concurrence menaçante.

05066 En 1903, pour mieux défendre ses intérêts sur le marché américain,
Georges Mélies ouvre à New-York une succursale dirigée par son frère Gaston.

Dès l’ année 1896, George s Méliès (5), propriétaire du théâtre Robert-Houdin, projette dans son spectacle des photographies animées. Découvrant à la caméra des propriétés insoupçonnées, Méliès se lance dans la production et fait construire un studio à Montreuil-sous-Bois. Les créations de sa société, la Star-Film (6), se distinguent par l’invention et l’habileté des trucages.

Vers 1910, la France se place au premier rang de la production et de l’exportation cinématographique. Face à la multiplicité des appareils en circulation, la société Lumière doit renoncer dès 1897 au système des concessions et vend son appareil et ses films.

07En 1894, Charles Pathé exhibe dans les foires un phonographe Edison et propose à sa clientèle foraine des kinétoscopes d’importation anglaise. Il s’associe avec un ingénieur, Henri Joly, qui construit un appareil permettant d’enregistrer et de projeter des films. En trois ans, la compagnie générale de cinématographes, phonographes et pellicules, anciens établissements Pathé-­Frère (7), commercialise la meilleure des caméras. En 1905, un nouveau studio est construit à Vincennes.

088 « L’ Hippodrome », salle de spectacle ouverte en 1900 et transformée en cinéma,
a été rebaptisé en 1911 « Gaumont Palace  » (6 000 places). Il a été démoli en 1972.

C’est en tant que directeur du Comptoir général de photographie que Léon Gaumont s’intéresse aux images animées. Il construit en 1896 le premier chronophotographe ; l’année suivante, il commercialise un appareil destiné à la prise de vues comme à la projection de format 35 mm. Mais les acheteurs d’appareils réclament des films ; Léon Gaumont (8) en confie la réalisation à sa secrétaire Alice Guy, qui de 1897 à 1906 en inscrira à son actif plus de deux cents.

09En 1905, Max Linder (9) joua pour Pathé de nombreux petits rôles avant d’obtenir la vedette dans la Première Sortie d’un collégien. Réalisateur, scénariste et acteur français, il connut de 1910 à 1920 une gloire phénoménale. Il fut la première grande star et a tourné plus de cent soixante films.

101112A Hollywood, en 1915, Charlie Chaplin (10) interprète pour Keystone trente-cinq films, puis réalise lui­-même ses films. C’est en 1919 qu’il fonde avec Mary Pickford, Douglas Fairbanks (11) et D.W. Griffith (12) la compagnie United Artists. Chaplin fut tout à la fois producteur, metteur en scène, scénariste, musicien, monteur, concepteur de costumes et principal acteur. En 1972, il remporte un Oscar spécial pour l’ensemble de son œuvre, il est nommé en 1962 docteur honoris causa de l’université d ‘Oxford.

13En France, Fernandel (13) est l’un des plus populaires comiques de l’écran. Il tourne entre autres en 1949 On demande un assassin avec le réalisateur autrichien Ernest Neubach.

14Actrice française, Martine Carol (14) tourne une cinquantaine de films dont Caroline Chérie, Nana, Lola Montes de Max Ophuls. Elle mourut subitement en 1967.

 Walt Disney, grand capitaine d’industrie

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16Créateur d ‘un certain style de films de dessins animés, le cartoon (15), Walt Disney (16) est devenu un grand capitaine d’industrie.

171819Parmi les manifestations mondiales du septième art, il faut citer le Festival de Venise, né en 1932 (17). En France, le Festival international du film de Cannes en 1946 (18) consacre l’actrice Michèle Morgan, où elle reçoit le Prix de la meilleure interprétation féminine dans le film de Jean Delannoy la Symphonie pastorale (19), qui, lui, obtient le Grand Prix du festival.

20C’est Georges Cravenne, publicitaire professionnel, qui eut l’idée de doter le cinéma français d’une distribution de prix, avec les Césars (20), équivalence des Oscars américains.

Paru dans Le Monde des Philatélistes n° 476 – Juillet-Août 1993

 

Le cinématographe
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