Cheffer superstar (VII) France, Monaco, Andorre, Sujets généraux

Une

 Marianne œuvre posthume

Suite et fin de cette étude de la production philatélique de Henry Cheffer. Fait rarissime, n projet de Marianne proposé en 1954, voit finalement le jour en 1967, soit dix ans après son décès. Hommage posthume qui rend justice à son talent.

L’année 1954 est, peut-être, la plus importante pour la postérité philatélique de Henry Scheffer. Il est âgé de soixante-quinze ans.

1954

Quimper

139139

Rue Kérion et cathédrale St-Corentin, à Quimper. Emis le 12 juin 1954. (139)

Légion d’honneur – Camp de Boulogne

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Gravure de Cheffer d’après un dessin de M. Lalau. 150e anniversaire de la remise des premières Légions d’honneur par Napoléon Ier au camp de Boulogne en 1804. Emis le 14 août 1954 (140).

Bourdelle

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Portrait du sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929). Emis le 10 juillet 1954 (141).

Concours de 1954

La Poste ouvrit un concours parmi les principaux artistes travaillant pour elle, afin d’étudier un nouveau timbre d’usage courant qui devait remplacer la Marianne de Gandon. Cheffer, alors doyen des graveurs de timbres français, espérait remporter ce concours.

142-145142 à 145

Il proposa de multiples maquettes avec les symboles les plus variés (142 à 145).

Mais c’est sur un projet de Marianne qu’il travaille le plus. Nous connaissons de 1954 :

146146

– Une esquisse au crayon sur papier-calque (146).

147-149147 à 149

– Trois maquettes chiffrées à 15 F à l’encre de Chine sur carton absolument magnifiques (147, 148, 149).

150150

151151

– Le timbre était prévu en typographie. Cheffer n’avait pas gravé de poinçon typographique depuis le timbre Aristide Briand de 1933. Il demanda à Marliat de lui graver deux poinçons typographiques : l’un sur bois, l’autre sur cuivre, d’après l’une de ses maquettes. Ces poinçons sont conservés au Musée de la Poste (150, 151). On connait même quelques très rares épreuves d’artiste tirées à partir du poinçon chiffré à 12 F (152). Malgré cet énorme travail, c’est une des maquettes de Muller qui remporte le concours (153).

152152

153153

D’après le témoignage de M. Raymond Duxin qui connaissait bien Cheffer, l’artiste ressentit alors une vive déception de ne pas avoir vu son timbre choisi pour l’usage de la lettre.

Cette République «au profil noble et grave» servit de timbre d’usage courant mais en 1967, soit dix ans après la mort de l’artiste. Hommage posthume à l’un des plus grands créateurs de timbres de France.

Déçu mais non découragé, Cheffer, alors âgé de soixante-quinze ans, continua son travail avec passion.

1955

Inventions célèbres : Nicolas Appert

Inventeur de la conserve alimentaire, Nicolas Appert eut un timbre émis le 5 mars 1955.

154-156154 à 156

– Esquisse de la maquette au crayon sur papier calque (154).

– Epreuve d’artiste (155).

– Timbre définitif (156).

Célébrités : Renoir

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), peintre, sculpteur et graveur impressionniste.

157-160157 à 160

– Esquisse de la maquette au crayon sur papier- calque (157).

– Maquette adoptée (158).

– Epreuve d’artiste (159).

– Timbre définitif émis le 11 juin 1955. (160)

 

Sites et monuments : Marseille

Vue du port et de Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille.

161-163161 à 163

– Esquisse de la maquette au crayon sur papier calque (161).

– Épreuve d’artiste (162).

– Timbre définitif émis le 15 octobre 1955 (163)

1956

Timbre Europa

164164

Un concours fut organisé dans les pays du Marché commun pour trouver un timbre symbole de la construction européenne. Les projets furent innombrables. Celui de Cheffer ne fut pas retenu. C’est celui du Français D. Gonzague qui servit de premier timbre Europa. (164)

Parmentier

Antoine-Auguste Parmentier (1737-1813), chimiste et agronome. Vulgarisateur de la pomme de terre en France.

165-166165-66

– Esquisse au crayon sur papier calque. (165).

Timbre définitif émis le 27 octobre 1956 (166)

1957

Inventeurs : Antoine Béclère

Antoine Béclère (1856-1939), fondateur de la radiologie française.

167-168167-168

– Esquisse de la maquette au crayon sur papier calque (167).

– Timbre définitif (168)

Lorsque le timbre est émis le 23 mars 1957, il reste à Cheffer moins de six semaines à vivre. Il s’éteint en plein travail le 3 mai 1957.

Divers

169169

Avec ce travail, nous savons que nous n’avons pas étudié la totalité de l’œuvre philatélique de Cheffer. C’est bien entendu impossible tant il reste à découvrir de maquettes, d’épreuves d’artiste, d’essais de non-émis. Nous n’avons pas étudié son travail pour les colis postaux (169).

Nous ne pouvons pas non plus étudier son travail pour les vignettes non postales, qui sont innombrables.

170-172170 à 172

Vignettes antituberculeuses (170 à 172).

173-176173 à 176

Vignettes de bienfaisance (173 à 176).

177-181177 à 181

Son travail pour Monaco nécessiterait à lui seul une étude complète (177 à 181).

Nous avons publié des documents d’archives privées ou de musées, souvent inédites, pour montrer qu’en philatélie la recherche est sans limite. Il reste encore tant à découvrir…

 L’hommage posthume : la Marianne de Cheffer

 182182

L’honneur qui ne lui avait pas été fait de son vivant en 1954, c’est-à-dire de faire le timbre d’usage courant, Cheffer le connaîtra à titre posthume et c’est justice.

En 1967, le ministre des Postes, M. Yves Guéna, choisit la Marianne de Cheffer présentée en 1954. Elle fut gravée en taille-douce par C. Durrens en s’inspirant des maquettes de Cheffer (182).

Durrens présente deux poinçons. Combet présente lui aussi un poinçon (non adopté). En 1969, quand il fallut faire un tirage en typographie, la gravure du poinçon fut confiée probablement à M. Lermont.

183183

La Marianne de Cheffer (183)parue le 4 novembre 1967 inaugure les installations de la nouvelle imprimerie des timbres-poste de Périgueux en 1970, avant de laisser la place à la Marianne de Bequet le 2 janvier 1971. Mais cela est une autre histoire

 

Paru dans Le Monde des Philatélistes n° 452 – Mai 1991

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