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il y a 4 semaines

Certains de ces timbres valent vraiment une médaille d’or Autres spécialités, Thématiques

Une

Créés en 1924 à Chamonix, les Jeux Olympiques d’hiver n’ont fait leur apparition sur timbres – et des plus timides – qu’en 1932 aux Etats-Unis. Cette rapide rétrospective des émissions officielles des pays organisateurs permet de juger des styles et des politiques philatéliques… mais aussi de découvrir d’authentiques raretés ignorées des catalogues français.

Lake Placid 1932 (Etats-Unis, 311)
Cela commence très mal

LakePlacidSportivement et philatéliquement on ne pouvait faire pire ! Une semaine avant le début des Jeux, pas le moindre flocon de neige dans la petite station de la frontière canadienne. Et même si l’on fera venir par trains spéciaux plusieurs tonnes de poudreuse on skiera entre les mottes de terre tandis que les sauteurs termineront leur envol dans une véritable piscine.

Quant au premier timbre « JO d’hiver » – pourtant à gros tirage – c’est une parfaite incongruité. S’agit-il d’un sauteur ? Dans ce cas il ne devrait pas avoir de bâtons ! S’agit-il d’un « descendeur »?… La descente – pas plus que le slalom – n’était pas encore au programme en 1932. Donc. tout faux dans les deux cas !

 Garmisch-Partenkirchen 1936 (Allemagne, 559-561)
L’idéologie s’y glisse

GarmischLa Poste allemande annonce l’événement par trois timbres dès novembre 1935; le « descendeur » de Lake Placid aurait pu y prendre place – le ski alpin devient sport olympique cette année-là – mais on s’en tient aux épreuves traditionnelles : patinage, saut et bobsleigh. Regardez bien ce dernier timbre si vous le possédez : coté 85 F (neuf) en France, il vaut plus du triple en Allemagne… et dépasse largement les 10 000 F avec filigrane renversé (croix gammée tournant vers la droite au lieu de la gauche).

Pour l’anecdote : ce sont les premiers timbres allemands mentionnant le nom du graveur.

 Saint-Moritz 1948 (Suisse. 449,452)
Le soleil se lève

StMoritzLes premiers JO de l’après-guerre retrouvent Saint-Moritz où ils avaient déjà eu lieu en 1928 – mais sans émission philatélique. La Poste suisse innove : pour la première fois apparaissent les emblèmes officiels des Jeux : « Soleil de Saint-Moritz » et « Cristal de neige ». Le hockey sur glace fait également ses grands débuts en philatélie : jamais vu sur aucun timbre auparavant. Quant à la quatrième valeur. « ski de descente », elle tombe à pic : pour la première fois, les disciplines alpines attirent plus de concurrents que le ski nordique… et le Français Henri Oreiller remporte deux des trois médailles d’or mises enjeu.

 Oslo 1952 (Norvège,337-339)
Le berceau des sports d’hiver

NorvegeSur timbres. deux disciplines « nordiques » – patinage de vitesse et saut – : on n’en attendait pas moins des Scandinaves, longtemps opposés à l’admission du ski alpin aux JO. Le troisième timbre de la série est le plus intéressant, non seulement pour sa cote – 100 F neuf ou oblitéré – mais aussi pour son sujet : un simple paysage de la province de Telemark, pas même site olympique. C’est ici que sont nées les toutes premières compétitions de ski ; ici que sera allumée la « flamme » des VIe Jeux d’hiver. Transmise de relayeur en relayeur sur plus de 200 km, elle entre dans le stade d’Oslo portée par Eigil Nansen, fils de l’explorateur et prix Nobel de la paix Fridtjof Nansen, timbrifié dans de nombreux pays (dont la France).

 Cortina d’Ampezzo 1956 (Italie, 720-723)
Pas de surtaxe olympique

CortinaOn se souvient encore de ces Jeux pour le soleil qui brillait sur la station des Dolomites, la qualité de l’accueil italien et la perfection de l’organisation.

Plutôt que des sportifs ou des symboles, les timbres montrent les installations hyper modernes construites pour les Jeux. Et, pour la première fois – à l’exception du petit timbre américain de 1932 -,ils sont sans surtaxe. En fait, les JO ont été financés par le Tottocalcio, le « loto sportif » italien. La seule fausse note vient des timbres eux-mêmes : la Poste italienne maîtrise encore mal l’héliogravure polychrome, d’où de nombreuses variétés de couleurs qui peuvent faire monter à plus de 25 000 F la cote de ces « timbres à 4 sous ». Cette petite série mériterait une étude spécialisée à elle seule.

Squaw Valley 1960 (Etats-Unis,680)
Miracle à l’américaine

SquawValleyQuelques mois auparavant Squaw Valley comptait une seule maison, une demi-douzaine de téléskis et un moniteur né à Chamonix. Le jour de l’ouverture des Jeux, c’était une vraie ville qui s’apprêtait à suivre une cérémonie olympique typiquement hollywoodienne, organisée par Walt Disney soi-même. De tout cela, les philatélistes ne conservent qu’un triste timbre monochrome et sans valeur. Les productions Disney nous ont habitués à plus de fantaisie depuis !

 

lnnsbrück 1964 (Autriche,974-980)
Kolossal

InnsbruckComme la neige ne se décide pas à tomber.20000 soldats font pendant plusieurs jours la navette sur une distance de 35km pour en apporter à dos d’homme.

Car rien ne doit compromettre la réussite de ces Jeux pour lesquels l’Autriche a vu très grand. Même au niveau philatélique : sept très belles vignettes sont parues en novembre 1963. Nous entrons dans l’ère du timbre-image et la thématique s’enrichit de deux sports inédits : la luge (nouvelle discipline olympique) et le biathlon.

 Grenoble 1968 (France, 1520 et 1543-47)
Un Français maître chez lui

GrenobleSportivement, l’événement, c’est le grand schlem historique de Jean-Claude Killy : trois médailles d’or en descente, .slalom spécial et slalom géant. Avec deux émissions distinctes, la Poste innove : un « timbre annonce » à gros tirage (20 millions), presque un an avant l·événement ; une série commémorative. Comparées aux timbres autrichiens précédents ce n’est pas une réussite!

 Sapporo 1972 (Japon, 1000-1001, 1038-1040, bf70)
Jeux d’argent

Japon01Japon03Japon02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A quelques semaines de l’ouverture, le montant de la facture s’élevait à 3,5 milliards de francs pour les organisateurs… et le Comité olympique menaçait de tout annuler sous prétexte que les skieurs n’étaient pas tous de « vrais amateurs ». Les timbres annonces de 1971, eux, ne cachent pas leurs intentions : leur surtaxe est faite pour rapporter de l’argent. La série commémorative, elle, est sans surtaxe, mais s’assortit d’un nouveau « produit » philatélique : le premier bloc-feuillet des JO d’hiver.

 

 

lnnsbrück 1976 (Autriche, 1308-1311 et 1328-1331)
Bis repetita

Innsbruck2L’impérissable souvenir d’lnnsbrück 1964 est encore frais, ce qui nuit un peu au prestige de ce remake autrichien. Et il n’y a malheureusement pas grand-chose à dire des huit timbres ­ en deux séries de quatre – de 1975-76. Sinon qu’ils sont nettement moins réussis que leurs prédécesseurs.

 Lake Placid 1980 (Etats-Unis,1263-1266)
Un patineur 5 étoiles

LakePlacid2Surprenants Américains : alors que les Jeux reviennent à Lake Placid cinquante deux ans plus tard, leurs timbres-quatre se-tenant – ne portent même pas les fameux anneaux olympiques… dont tant d’autres pays usent et abusent. A leur place, cinq étoiles. Presque un signe prémonitoire du faramineux exploit de l’Américain Eric Heiden : cinq médailles d’or en patinage de vitesse.

 Sarajevo 1984 (Yougoslavie, 14 timbres, 3 blocs-feuillets)
Equilibre sur planches à timbres

SarajevoSarajevo était encore « la Jérusalem de l’Occident » et ces Jeux bénéficièrent de sa convivialité légendaire. Plus d’un an avant l’événement. les timbres l’annonçaient déjà avec des vues de la ville frappées du logo olympique. Puis vinrent les séries sportives à répétition… On cria à l’inflation ! On a fait pire depuis…

 Calgary 1988 (canada 946, 971-972, 993-994…..)
Quand sagesse rime avec tristesse

CanadaAlors que Franck Piccard donne à la France sa première médaille d’or en ski depuis longtemps, le canada émet 7 timbres : très raisonnable. Mais s’il existait des Jeux Olympiques de la laideur philatélique, ils décrocheraient à coup sûr une médaille. La palme revenant à une vision informatisée du site : vous y voyez quelque chose, vous?

 Albertville 1992 (France, 19 timbres et 1 bloc-feuillet)
Trop, c’est trop

AlbertvilleLes Jeux furent une réussite; les timbres non. A peine moins laids que ceux du canada… mais nettement plus nombreux, leurs émissions s’étalant sur plus de deux ans. Seule vraie rareté à rechercher : le spectaculaire bloc-feuillet avec piquage décalé.

Paru dans Timbroscopie n° 110 – Février 1994

 

Certains de ces timbres valent vraiment une médaille d’or
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