Du soleil d’Andalousie aux neiges des Pyrénées, l’Espagne en 110 timbres Espagne, Europe, Pays A-F

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L’HEURE OU LES REGARDS VONT SE TOURNER VERS L’ESPAGNE – J.O.DE BARCELONE ET EXPO. DE SEVILLE – SI VOUS EPROUVEZ LE BESOIN DE REMETTRE DE L’ORDRE DANS VOS CONNAISSANCES GEOGRAPHIQUES  IBERIQUES, SI VOUS HESITEZ AVANT DE POINTER D’UN DOIGT ASSURE LA SITUATION DE TANT DE PROVINCES ET DE VILLES AUX NOMS FAMILIERS SUR UNE CARTE D’ESPAGNE, LAISSEZ-VOUS GUIDER PAR DEUX SERIES DE TIMBRES PARFAITEMENT COMPLEMENTAIRES. L’UNE A  DEROULE DE 1962 A 1966 LA GUIRLANDE DE SES BLASONS RICHEMENT ARMORIES, L’AUTRE A CHOISI DE 1967 A 1971 DE CONFIER LE SOIN DE VOUS SEDUIRE A UN BATAILLON DE JEUNES FEMMES PAREES DE LEURS COSTUMES TRADITIONNELS. TOUTES DEUX, SOIGNEUSEMENT NUMEROTEES DANS LEURS MARGES POUR EN FACILITER LE CLASSEMENT, SE REJOIGNENT SUR UN POINT : UNE COTATION A LA PORTEE DE TOUS. UNE FAÇON BIEN SYMPATHIQUE DE VOUS INVITER A LES COMPLETER SI VOUS EN POSSEDEZ DEJA QUELQUES SPECIMENS PRELEVES SUR LE COURRIER. L’ESPAGNE VOUS ATTEND. ENTREZ DANS LA DANSE !

 

Pays basque

TimbPaysBasqueGUIPUZCOA

Guipuzcoa

Français ou Espagnols, les Basques se sentent ici chez eux et tiennent a leur particularisme :
de part et d’autre de la frontière, costumes et coutumes se ressemblent.
Par choix politique autant que pour la douceur du climat, Saint-Sébastien,
capitale de Guipuzcoa, est devenue résidence d’été du gouvernement espagnol.

 

 

 

BISCAYE

Biscaye

Quatrième ville et premier centre bancaire du pays, Bilbao, chef-lieu de la Biscaye,
est surtout fière de son titre de capitale mondiale de la pelote basque.
A ne pas manquer en été – pour les aficionados -, les corridas dont les taureaux passent pour les plus gros d’Espagne.
Egalement en Biscaye, la bourgade de Guernica, bombardée par l’aviation allemande lors de la guerre civile,
a inspiré à Picasso l’une de ses œuvres les plus célèbres.

 

 

 

ALAVA

Alava

Pas de quoi crier « Victoire » en arrivant en Alava : Vitoria, la capitale,
est entrée dans les livres d’Histoire pour la défaite qu’y infligea Wellington aux troupes françaises
de Joseph Bonaparte. Pour noyer notre chagrin, les splendides côteaux du « Balcon de la Rioja »
proposent un vin rouge d’excellente tenue !

 

 

 

Navarre

TimbNavarreNAVARRE

Navarre

Historiquement elle appartient au Pays basque mais administrativement forme une région à elle seule.
Très attachée à ses traditions (telle la Feria de Pampelune) et a son particularisme politique
(elle fut le fief du monarchisme carliste),la Navarre a fait pleurer la France lorsque Roland et ses preux
chevaliers furent massacrés a Roncevaux mais lui rendit le sourire en lui donnant l’un de ses meilleurs rois : Henri IV.

 

 

 

Majorque, Minorque, Ibiza, Formentera et quelques îlots

TimbMajorqueetcILES BALEARES

Baleares

Véritable colonie touristique internationale, les îles « de l’éternel printemps » ont gardé
sur leur blason le palmier d’où le chef-lieu Palma – tire son nom, et les couleurs « sang et or »
de la Catalogne, vestige de l’époque où le royaume de Majorque regroupait,
outre les Baléares, le Roussillon et le Languedoc et ce jusqu’à Montpellier.

 

 

 

Aragon

TimbAragonHUESCA

Huesca

Au nord, la partie la plus accidentée des Pyrénées et les neiges éternelles de la Maladetta.
Au sud, l’Ebre, seule frange de verdure d’une région aride, sauvage et belle.
Entre Huesca et Fraga, le monastère de la Sigena abrite le tombeau du roi Pierre Il d’Aragon,
mort a la bataille de Muret (1213) en défendant les cathares occitans contre les barons du Nord.

 

 

SARAGOSSE

Saragosse

Certainement la province qui, après Madrid, tient le plus de place dans les albums,
en raison surtout de l’église Notre­Dame du Pilar et de sa statue de la Vierge, timbrifiées à vingt-huit reprises.
Depuis la conquête maure jusqu’à la guerre civile, en passant par les terribles campagnes napoléoniennes,
la vieille ville de Saragosse a été maintes fois assiégée. Elle y a gagné un surnom: »Siempre heroica« , la toujours héroïque.

 

 

 

TERUEL

Teruel

Montagneuse, en partie désertique, la province fut le théâtre de combats acharnés pendant la guerre civile :
André Malraux en a gardé le témoignage dans un film : Sierra de Teruel (l’Espoir).
On se rappelle aussi la tragique histoire des Amants de Teruel, ces Roméo et Juliette à la mode espagnole,
morts de douleur pour avoir été séparés et qui reposent aujourd’hui dans le même tombeau.

 

 

 

Murcie

TimbMurcieMURCIE

Murcie

On l’a surnommée « le royaume du soleil » ; Murcie est d’ailleurs la ville la plus chaude d’Espagne. *
Lorsqu’ils envahirent la région au VIIe siècle, les Arabes s’y sentirent chez eux :
par endroit, la flore et le paysage évoquent le Sud marocain… Mais l’irrigation des vastes « huertas »(plaines)
l’a transformée en véritable jardin tropical.

 

 

 

Catalogne

TimbCatalogneLERIDA

Lerida

Est-on encore en Espagne ? La Catalogne possède sa langue, sa culture et entend bien les faire respecter
face au centralisme madrilène. Les ressemblances avec Andorre et notre pays catalan sont nombreuses,
en particulier au niveau de l’architecture religieuse médiévale.
C’est ici, dans le val d’Aran, que la Garonne prend sa source.

 

 

 

 

GERONE

Gerone

Un haut lieu du tourisme : pour le farniente et la promenade, la Costa Brava offre ses plages et ses côtes découpées ;
mais les amoureux de vieilles pierres y trouvent aussi leur compte. Gérone a gardé du Moyen Age le souvenir
d’une des plus florissantes écoles de kabbale hébraïque. A visiter, également, le musée Dali à Figueras.

 

 

 

BARCELONE

Barcelone

Avec la 2e Ville d’Espagne – la A 1ère région urbaine, en comptant les agglomérations voisines -,
Barcelone est la province la plus dynamique du pays : l’organisation des Jeux Olympiques 1992 le prouve.
Parmi les multiples centres d’intérêt, ne pas manquer la Sagrada Familia de l’architecte Gaudi, ni le Pueblo Espagnol
construit pour l’exposition de 1929,qui offre un panorama artistique et gastronomique complet du pays.

 

 

 

TARRAGONE

Tarragone

Les gigantesques remparts longs de 70 km qui enserraient Tarragone à l’époque romaine –
la ville comptait alors plus d’un million d’habitants -, il reste aujourd’hui d’impressionnants vestiges :
les « blocs cyclopéens ». Faites, escale à San Carlos de la Rapita, petit port de pêche spécialisé dans la langoustine,
et dégustez l’anisette locale a l’apéritif : elle est réputée la meilleure d’Espagne.

 

 

 

Valence

TimbValenceCASTELLON DE LA PLANA

CastellonPlana

 

Nous entrons dans le domaine de l’oranger (Castellon et Valence assurent les trois quarts
de la production espagnole d’agrumes), cultivé dans de vastes plantations irriguées
qui donnent au pays un aspect de jardin extraordinaire. Essentiellement agricole,
c’est l’une des régions les plus riches d’Espagne.

 

 

VALENCE

Valence

Aux vergers et plantations déja rencontrés en Castellon, s’ajoutent ici le riz, indispensable
dans la fameuse paëlla valencienne et le mûrier, grâce à qui s’est développé dès l’Antiquité
une riche industrie de la soie. Troisième ville d’Espagne par la population, Valence fut en 1939
le dernier refuge du gouvernement républicain. Les philatélistes la connaissent également
par les timbres de bienfaisance « Plan Sur de Valencia« , émis après les inondations de 1963.

 

 

ALICANTE

Alicante

C’est le pays de Cocagne : sous un ciel éternellement bleu, cannes à sucre.
cotonniers, amandiers, caroubiers vous donnent l’impression d’avoir changé de continent.
Mais la vraie merveille de la région est l’immense palmeraie d’Elche, la seule en Europe où l’on récolte des dattes.
Sur timbre, Elche est également connue par sa « Dame », superbe sculpture préromaine,
témoignant de la richesse d’une très ancienne civilisation.

 

 

Estrémadure

TimbEstremadureBADAJOZ

Badajoz

Les rigueurs de l’Espagne centrale et la suavité anda­louse se sont rencontrées en Badajoz,
pour donner une province sage, dans une région que les Arabes nommaient « la terre de la sainteté ».
On sait pourtant y bien vivre : jambon, et chorizo y sont réputés les meilleurs. La ville de Mérida a gardé
de nombreux vestiges romains : fastueuse au point de surpasser Athènes, elle était alors considérée
comme une des merveilles de l’empire.

 

 

CACERES

Caceres

L’Andalousie produit du vin et Cacéres… des bouchons : sur cet immense plateau granitique ne pousse guère
que le chêne-liège. Pauvre province, mais riches cités… De nombreux habitants de Cacéres,
partis conquérir les Amériques, en revinrent fortune faite. Plasencia résonne encore des bals gigantesques d’autrefois.
Quant au costume traditionnel, avec sa coiffe en forme de pièce montée et sa demi douzaine de jupons de dentelle.

 

 

 

Andalousie

TimbAndalousieALMERIA

Almeria

C’est la porte de l’Espagne du sud. Là demeurent maintes traces de l’âge d’or de la civilisation musulmane,
dont l’Andalousie fut l’un des pôles avec l’Iran. De nombreux châteaux y portent encore leur nom arabe,
tel I’Alcazaba – que l’on retrouve sur timbre. En 1966, un fait divers digne d’un roman de science-fiction
fit connaître Almeria au monde entier : un avion avait disparu en mer, avec à son bord quatre bombes atomiques…

 

 

 

GRENADE

Grenade

N’allez pas chercher ailleurs le palais des Mille et Une Nuits : c’est l’Alhambra de Grenade,
ses arabesques de stuc et ses jardins, parmi les : plus beaux du monde. On comprend les souverains arabes :
ils s’accrochèrent jusqu’au bout au paradis terrestre qu’ils avaient su créer. Et Grenade fut la dernière place forte
a résister aux rois catholiques, lors de la Reconquista. C’était en 1492…

 

 

 

JAEN

Jaen

Un peu a l’écart des grandes routes touristiques, c’est la que l’on retrouve le mieux le visage de l’Andalousie.
Le costume traditionnel en est d’ailleurs : corsage noir et mantille rouge, la couleur de la terre,
qui regorge de richesses minières (fer, plomb, argent) mais n’a guère fait naître d’industries modernes.
Fidèle a une tradition ancestrale, Jaen reste avant tout le pays de l’olivier.

 

 

 

CORDOUE

Cordoue

Ici battait le cœur de l’Epagne arabe, quand Cordoue était sa capitale. Sa mosquée principale – transformée depuis en cathédrale –
est la plus grande du monde après celle de La Mecque. Mais depuis la plus haute Antiquité Cordoue
était un centre intellectuel réputé : elle a donné au monde trois de ses plus grands philosophes :
le Romain Sénèque, l’Arabe Averroès et le Juif Maïmonide .
Dans le costume, on note l’un des autres attributs traditionnels de l’Andalouse : le sombrero.

 

 

MALAGA

Malaga

Son vin l’a rendue universellement célèbre, mais n’est pas la seule richesse de cette magnifique province.
Ici, sous le climat le plus clément d’Europe (19°de moyenne annuelle), poussent eucalyptus, bambous géants,
néfliers du Japon, orchidées et plantes grasses. Peuplée depuis la Préhistoire,
on y trouve les plus grands dolmens du monde. A voir également, les arènes de Ronda,
où furent codifiées au XVIIIe siècle les règles de la corrida moderne

 

 

CADIX

Cadix

Outre les « yeux de velours » de la belle de Cadix, on peut apprécier sur timbre son boléro,
typique du costume local. Sur le blason, on remarque les deux « colonnes » construites par Hercule de part
et d’autre du détroit de Gibraltar. Si les·Britanniques ne sont pas les seuls a apprécier le fameux « sherry »,
tiré des vignes de Xeres, il n’y a que les Anglais pour vibrer au nom de Trafalgar, cet îlot au large de Cadix,
où Nelson anéantit la flotte française.

 

 

SEVILLE

Seville

Pourquoi avoir choisi Séville pour l’Exposition universelle ? Parce qu’elle est « la merveille du monde« ,
diront les Sévillans : peuplée par des Espagnols de toutes les régions après le départ des Maures,
elle résume le pays entier ; le flamenco y est un culte ; la corrida y a atteint son apogée.
Mais, surtout, Séville, sur le fleuve Guadalquivir, fut le port de départ de la plupart des expéditions vers l’Amérique.

 

 

 

HUELVA

Huelva

Ici la terre est rouge, comme le fleuve, le Rio Tinto : nous sommes dans la « Californie du cuivre »,
qui donne même sa couleur au teint des habitants. Mais le vin – le célèbre manzanilla – lui, est blanc.
Bien connu des philatélistes, le monastère de la Rabida servit de havre a Christophe Colomb
lorsqu’il préparait ses expéditions.

 

 

 Castille – La Manche

TimbCastilleLaMancheCIUDAD REAL

CiudadReal

Nous pénétrons dans la Meseta, la « petite table »… En fait, l’immense plaine du centre de l’Espagne.
On y cultive les céréales et, comme aucun obstacle n’arrête le vent,. les moulins sont nombreux :
ils ont inspiré l’un des plus célèbres épisodes de Don Quichotte, l’homme de la Manche.

 

 

ALBACETE

Albacete

Safran…une couleur qui évoque les marchés d’Orient et la robe de sagesse des bonzes.
C’est pourtant à Albacete que se trouve le plus important marché au monde pour cette poudre tirée du crocus.
En condiment, il accommode à merveille le riz de Valence. toute proche. Autre spécialité d’Albacete, le chinchon,
une délicieuse liqueur d’anis. Mais, hormis les gastronomes, les touristes traversant cette province resteront sur leur faim.

 

 

CUENCA

Cuenca

En bordure de la Meseta, la Serrania de Cuenca prend des airs de paysages fantastiques.
Ruines de tours romaines et d’alcazars maures s’entremêlent aux éperons rocheux surplombant de vertigineux ravins.
Le site naturel de la Ciudad Encantada, la « ville enchantée », semble avoir été taillé à même le roc par une race de géants…
A visiter absolument, mais, de préférence, pas la nuit !

 

 

TOLEDE

Tolede

Au centre géographique de l’Espagne, Tolède est la ville de toutes les magies.
Les légendes racontent que Dieu plaça spécialement le soleil au-dessus de Tolède pour mieux l’éclairer :
d’autres racontent que le ravin à l’abri duquel elle est construite est l’œuvre d’Hercule lui-même…
Quoi qu’il en soit, Tolède est la plus ancienne cité d’Espagne. Son sol est paraît-il doté d’un magnétisme
tellurique particulier : les eaux du Tage possèdent, elles, des propriétés qui rendent l’acier trempé plus souple et plus solide.

 

GUADALAJARA

Guadalaja

Son nom, qui signifie en arabe « Rivière de pierres », décrit assez bien l’aridité de cette région
peu peuplée, où seuls les rochers semblent pousser. Heureusement, depuis la fin des années soixante,
des retenues d’eau artificielles ont créé quelques oasis de verdure et offert aux habitants de Madrid, toute proche, d’agréables buts d’excursions.

 

 

Madrid

TimbMadridMADRID

MadridDétachés de ce qui était autrefois la Nouvelle Castille, Madrid et ses environs forment
aujourd’hui une province à part entière. Ce qui n’était, il y a cent ans, qu’une ville de moyenne
importance est devenu l’une des plus agréables métropoles d’Europe… et l’une où l’air est le plus pur. Normal,
puisqu’avec ses 646 m d’altitude, elle est la capitale la plus élevée du continent.
Mais le charme de Madrid tient aux nombreuses résidences royales qui lui font comme une couronne :
Prado, Escurial, la Granja – ses jardins imitent ceux de Versailles -, Aranjuez, qui inspira au compositeur Rodrigo un concerto plusieurs fois remis au goût du jour.

 

 La Rioja

TimbLaRiojaLOGRONO

Logrono

Nous retrouvons ici les vignobles de Rioja (voir Vitoria), surplombant le jardin potager de l’Espagne.
Bien irriguée par I’Ebre, la plaine produit en abondance asperges, artichauts, légumes de toutes sortes,
sans oublier les piments sans lesquels la cuisine espagnole ne serait pas ce qu’elle est.

 

 

Cantabrie

TimbCantabrieSANTANDER

Santander

Revoici les vertes prairies et le climat si doux de l’Atlantique. Nature généreuse, agriculture prospère, sous-sol riche…
Pas si bêtes, les hommes des cavernes qui y élirent domicile il y a quinze mille ans : les superbes fresques
d’Altamira donnent une idée de leur niveau de civilisation. Malheureusement, Santander
offre peu de monuments anciens, la ville ayant été détruite par un incendie en 1941.

 

 

Castille – Leon

TimbCastilleLeonAVILA

Avila

Son enceinte du XIIe siècle évoque Carcassonne, mais ici, à 1 100 m d’altitude,
on est loin de la douceur languedocienne. Sainte Thérèse, la réformatrice carmélite,
ne pouvait naître que dans cette cité « des saints et des pierres« , en Vieille Castille, au cœur
de l’Espagne austère et mystique. Une Espagne brûlant intérieurement d’une sensualité rentrée,
où Dieu et le Diable voisinent, et qu’illustre si bien le roman de Jean Potocki « les Demoiselles d’Avila« .

 

SEGOVIE

Segovie

L’Espagne a aussi son « Pont du Gard » – mais il n’a pas eu la même fortune philatélique que le nôtre -:
c’est l’aqueduc de Ségovie, présent sur le blason de la province, l’un des édifices les mieux conservés
de l’époque romaine. Et pourtant, les pierres, soigneusement encastrées, tiennent entre elles sans le moindre ciment.
Il a été construit sous Trajan, un voisin, puisque cet empereur romain était né…près de Séville.

 

 

SORIA

Soria

Il n’est pas de meilleure province pour découvrir ce que fut l’Espagne… avant d’être espagnole.
Vestiges de l’âge du fer y voisinent avec mosaïques romaines. Et surtout, les impressionnantes ruines
de Numance, qui s’étagent sur trois niveaux, permettent de découvrir le plan d’une ville fondée par les Carthaginois.

 

 

BURGOS

Burgos

Capitale de l’ancienne Castille, fière de posséder la plus belle cathédrale d’Espagne, Burgos
est une ville symbole. Et même si le héros national, le Cid, qui y naquit, porte un surnom arabe (Cid vient de « sidi« )
et changea plusieurs fois de camp au cours de sa carrière. Burgos continue d’être considérée comme l’âme
de la « Reconquista » contre les Maures. Ce n’est pas par hasard si les nationalistes
du général Franco y établirent leur gouvernement lors de la guerre civile.

 

PALENCIA

Palencia

C’est ici que le Cid épousa sa Chimène, rachetant ainsi le meurtre de son ex-futur beau-père…
Notre Corneille en fit une tragédie. Un peu à l’écart des routes touristiques et économiques.
Palencia n’a guère été favorisée par la nature. Elle eut pourtant autrefois un rôle considérable :
on trouve à Banos de Cerrato la première église d’Espagne (elle date de l’an 661) ; c’est également à Palencia
que fut fondée la première université du pays (en 1208).

 

VALLADOLID

Valladolid

Regardez sur le timbre avec quelle élégance maniérée cette accorte blonde fait admirer
son joli costume ! Ne se croirait-on pas à un défilé de mode?… Pointe de malice du dessinateur,
peut-être, envers cette grande ville provinciale qui se veut résolument moderne, « branchée » même.
Ici, après la guerre, tout a été fait pour promouvoir l’industrie – et le ralliement de la première heure
au général Franco a certainement facilité les choses. Quoiqu’il en soit. le succès économique de la province est incontestable.

 

SALAMANQUE

Salamanque

Longtemps, toute la région ne fut qu’une lande désolée, peuplée seulement de rares moutons,
de porcs sauvages et de taureaux de combat… Avec, au beau milieu, la ville la plus baroque, la plus rieuse,
la plus indépendante de l’Espagne. Regardez les chamarrures du costume local :
elles sont à l’image de Salamanque même, haute en couleur et toujours surprenante.
La vieille tradition estudiantine – Salamanque possédait au Moyen Age la deuxième université du monde
après Paris – a laissé de bien plaisantes traces.

 

ZAMORA

Zamora

Le costume de Zamora est tout aussi bariolé, mais un peu plus sage toutefois.
Quelque chose de Salamanque est passé chez sa voisine, sans y atteindre la même exubérance.
La campagne est ici un peu plus riche : on y cultive le blé, et alors que Salamanque rayonnait
intellectuellement sur l’Occident entier, Zamora s’en tenait à un rôle de chef-lieu de district agricole qu’elle a gardé depuis.

 

 

LEON

Leon

Fondée par les soldats romains, son nom vient de « légion »… mais s’est transformé en « lion »
pour orner son blason. Ancienne capitale du royaume de Leon – auquel appartenaient Zamora et Salamanque -,
elle a subi l’influence de l’austère Castille, à l’est, et des industrieuses Asturies, au nord.
Mais le côté fantasque du Leon n’en a pas moins subsisté : on le retrouve dans l’architecture moderne –
notamment les bâtiments que le Catalan Gaudi construisit à Astorga – comme dans l’élégance des édifices anciens.

 

Asturies

TimbAsturiesOVIEDO

Oviedo

La principale région minière du pays (les deux tiers du charbon espagnol) est connue pour l’attachement
de ses habitants à leur pays et à leur indépendance : seule province que les Maures
ne contrôlèrent jamais totalement, elle fut au VIIIe siècle le point de départ de la « Reconquista ».
Lors de la guerre civile, les Asturies, encerclées, résistèrent à l’avance nationaliste avec héroïsme.

 

 

Galice

TimbGaliceLUGO

Lugo

Dolmens, menhirs, joueurs de biniou… Rien ne manque, pas même les pommiers, pour donner l’impression
que l’on est ici en Bretagne – avec le soleil en prime. La charmante Galicienne du timbre porte d’ailleurs,
des cheveux roux, sans doute hérités des Celtes « Callaici » qui s’installèrent ici deux mille ans avant notre ère et donnèrent leur nom à la région.

 

 

ORENSE

Orense

Entre la Sierra de Faro et la Cabeza de Manzaneda (1778m), la province d’Orense,
autrefois assez pauvre, devint plus active lorsqu’un important marché juif s’y installa.
L’inquisition et l’expulsion des Israélites lui donna par la suite un sérieux coup d’arrêt.
Sur le vieux pont enjambant le rio Minho, on a cessé de danser…
Mais, depuis une dizaine d’années, Orense jouit d’une deuxième jeunesse.

 

PONTEVEDRA

Pontevedra

La jupe rayée rouge et noir est semblable à celles de Lugo et d’Orense :
la « Bretagne » espagnole garde son unité et ses traditions. Même le site de Pontevedra,
au fond d’une ria, évoque les côtes de notre Morbihan. Et, bien sûr, pêche et conserveries constituent l’essentiel des activités locales.

 

 

LA COROGNE

LaCorogne

Son blason s’orne de coquilles : nous touchons ici au but du plus grand pèlerinage
de l’Occident chrétien, celui de Saint­Jacques de Compostelle. De tous les points d’Europe,
des routes y menaient : avec ses quarante-six églises – certaines sont de véritables dentelles
de pierre – Saint-Jacques en effet mérite bien le voyage…
Quant à la pointe la plus occidentale de l’Espagne, son nom évoque encore notre Bretagne: elle s’appelle « Finisterre ».

 

L’ESPAGNE HORS DE L’ESPAGNE

TimbEspagneAutreDe l’immense empire colonial de Charles Quint, sur lequel le soleil ne se couchait jamais, l’Espagne conserve encore deux territoires non européens : l’archipel des canaries, au large de l’Afrique, véritable paradis touristique, et les deux enclaves de Ceuta et Melilla, sur les côtes nord du Maroc.

Mais, à l’époque où sont parus les timbres présentés ici, le Sahara occidental et l’Ifni (annexés depuis par le Maroc), ainsi que l’île de Fernando Poo et le Rio Muni (qui forment aujourd’hui la Guinée équatoriale) étaient provinces espagnoles… D’où leur présence logique dans les séries Costumes et Blasons.

Paru dans Timbroscopie n° 88 – Février 1992

 

Du soleil d’Andalousie aux neiges des Pyrénées, l’Espagne en 110 timbres
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