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il y a 4 semaines

Rencontres Franco-Belges Belgique, Europe

Une

Les cachets ne se cachent plus

 Un lecteur lillois, Gérard Dreyfuss, nous présente l’une de ses collections spécialisées : des oblitérations belges sur timbres français. Blanc, Semeuse et autres Pasteur : ils ont échappé en France à l’oblitération et se retrouvent ornés d’annulation sortant de l’ordinaire, rares parfois. Une idée de collection à étendre, pourquoi pas, à d’autres pays voisins de la France.

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1 – La plus classique des annulations belges sur timbres français :
la roulette, du nom du petit instrument qui permettait au postier d’oblitérer à l’arrivée les plis affranchis
sans marque de départ.

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2 - Toujours la roulette, mais appliquée deux fois, en forme de croix.
Elle est ici associée à un petit cachet rond de facteur.

033 - Roulette, cachet de facteur plus cachet à date (1911).
Ce dernier a été apposé par le bureau de destination, Uccle, à proximité de Bruxelles.

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4 - La carte postale a bien été oblitérée au départ mais l’oblitération mécanique n’a pas atteint le timbre.
A l’arrivée, la Poste belge a donc annulé l’affranchissement d’un double coup de roulette.

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5 - On peut rencontrer des roulettes sur timbres français
entre les années 1900 et 1960.
Les usages tardifs sont les moins courants. Le phénomène est particulièrement
rare sur timbres commémoratifs.
Ici : le « Palais du Luxembourg » de 1948.

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6 - Belle composition : l’oblitération française,
un Daguin de Millau, ne couvrait qu’un timbre, le Merson.
Une roulette belge vient donc compléter le travail des postiers français.

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7 – Même motif décoratif que sur la roulette, mais il s’agit cette fois d’une rosace,
portant une date au centre. Ce type d’annulation se rencontre entre 1945 et 1955 environ. Pendant la même période, on continue à trouver des roulettes employées pour le même usage.

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8 – Si la carte avait été adressée en France, on aurait eu sans doute affaire
à un cachet du Jour de l’an. Ici, il s’agit encore d’une annulation à l’arrivée,
avec un – rare – cachet de facteur octogonal.

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9 - Associé à une belle carte postale représentant la porte Saint-Martin, à Paris,
un cachet à main (Bruxelles) de petit format utilisé ordinairement comme oblitération
de départ sur timbres belges. Pas courant.

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10 - Encore un cachet à date(Liège), de grand format cette fois,
utilisé normalement au départ.
Il est associé à un cachet de facteur octogonal.

 

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11 - S’ajoutant au grand cachet à date (Namur) et au petit cachet de facteur : une griffe locale, composée de sept lignes parallèles. On connaît, toujours en usage local, des griffes similaires avec lignes pointillées, assez semblables aux empreintes des machines Chambon utilisées en France dans les années 1910.

 

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12 - Un cas peu courant : une machine à oblitérer utilisée à l’arrivée.
On retrouve le bilinguisme belge dans les deux orthographes de Bruxelles.

 

 

 

13-1413 et 14 - Phénomène surprenant : une même griffe de fortune utilisée
à une trentaine d’années d’intervalle sur un Pasteur (frappée trois fois)
puis sur deux blasons.

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15 – Rien d’anormal, ici à rencontrer une oblitération belge (St-Gilles, Bruxelles, 1891) sur timbre français. Car cet Entier est le volet retour d’une carte postale avec réponse payée. Ce type d’envois (avec affranchissement à 2x10c) fut admis en France en 1879 pour les correspondances à destination de la plupart des pays d’Europe. Il a été généralisé en 1886 a tous les pays membres de l’Union postale universelle.

 

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16 - Roulette belge sur timbre de Bavière lui même sur lettre française. Moins farfelu qu’il n’y parait. Le document remonte à la Première Guerre mondiale. A l’époque, les Allemands occupaient le nord de la France et la Belgique. Le courrier circulant dans cette zone des « Etapes » était principalement affranchi avec des timbres allemands ou bavarois, surchargés ou non en centimes et en francs. Tout le courrier civil était soumis au contrôle des armées d’occupation. La région de Lille dépendait en particulier de la 6″ armée bavaroise. Comme sur beaucoup de lettres de l’époque, celle-ci n’a pas reçu d’oblitération de la Poste civile : on a laissé le soin aux censeurs d’apposer leur propre marque (griffe rouge). Les timbres n’ayant pas été annulés par les militaires, la Poste belge a utilisé la roulette à l’arrivée, avec un dateur (10 août 1916.)

Tableau

Paru dans Timbroscopie n° 67

Rencontres Franco-Belges
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